CNP Assurances à peine bénéficiaire au troisième trimestre
Les craintes des courtiers vis-à-vis de CNP Assurances se sont matérialisées. Alors que plusieurs d’entre eux avaient abaissé leurs prévisions ces dernières semaines, le groupe coté, dont la Caisse des dépôts (CDC) détient 40% du capital, a publié un bénéfice net pour les neufs premiers mois en recul de 31%, à 550 millions d’euros. Ceci signifie que le troisième trimestre a été particulièrement faible, puisque que le résultat atteignait déjà 543 millions au 30 juin. Les turbulences sur les marchés et la crise de la dette grecque en sont les causes principales.
CNP Assurances a en effet décoté l’ensemble de ses obligations d’Etat grecques de 50% de leur valeur nominale – soit 44 millions d’euros. La filiale de la CDC a également passé 182,3 millions d’euros de dépréciations sur son portefeuille d’actions. En dehors de ces deux éléments exceptionnels, le bénéfice aurait reculé malgré tout de 2,4%.
Le contexte a été agité pour l’activité vie. Ainsi, en septembre, la collecte nette dans ce métier en France avait été négative pour la première fois depuis décembre 2008. En conséquence, les revenus de l’épargne ont reculé de 15,8% à l’échelle du groupe, à 15,3 milliards d’euros – la baisse atteint même 36% pour CNP UniCredit Vita, à 1,4 milliard d’euros.
Cette contre-performance a été partiellement compensée par les fortes progressions des activités retraites (+26% à 2,84 milliards d’euros) et prévoyance (+13,7% à 1,5 milliard) et, dans une moindre mesure, par celle de l’assurance-crédit (3% à 2,3 milliards). Le chiffre d’affaires total du groupe recule de 8,3%, à 22,6 milliards d’euros.
A l’étranger, la plupart des filiales sont en progression: la première filiale du groupe, Caixa Seguros, au Brésil, voit par exemple son activité bondir de 16,5% à 2,13 milliards d’euros.
En conclusion, les comptes du groupe ont été jugés de manière relativement positive, puisque le titre est resté dans le vert (+0,34% à 10,45 euros) dans un marché en recul. En effet, la collecte nette est restée positive au troisième trimestre de 600 millions d’euros et totalise 4,1 milliards depuis le début de l’année. Le résultat brut d’exploitation a progressé de plus de 9% à 1,52 milliard, grâce à «la croissance régulière des encours et à la maîtrise continue des frais de gestion», indique le groupe. La marge de solvabilité passe de 158% au 30 juin à 151% au 30 septembre.
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