Cívica suit les traces de Bankia pour placer son appel au marché
C’est dans une Espagne sous haute tension financière que les deux premiers groupements de caisses d'épargne se lancent sur les marchés. Après avoir bouclé son IPO lundi soir en abaissant son prix jusqu'à 3,75 euros, contre le plafond de 5,05 euros un premier temps envisagé, le président de Bankia, Rodrigo Rato, sonnera la cloche aujourd’hui à midi pour marquer l’entrée de la désormais troisième plus grande banque d’Espagne en volume d’actifs (280 millions d’euros) à l’indice Ibex35. L’opération lui a permis de lever 3,1 milliards d’euros et d’atteindre une valorisation boursière de 6,5 milliards d’euros (6,8 avec l’option de surallocation).
Cívica, plus petite (71,8 milliards d’euros d’actifs), doit la suivre jeudi. Le prix définitif de son IPO, qui porte sur un maximum de 47,5% du capital de l’enseigne, a été fixé hier soir à 2,7 euros, soit le minimum de la fourchette initiale qui allait jusqu’à 3,8 euros. L’opération devrait lui permettre d’atteindre une capitalisation boursière de 1,34 milliard d’euros par rapport à une valeur comptable avant l’opération de 2,8 milliards d’euros. Soit environ la même décote que celle assumée la veille par Bankia.
Les investisseurs institutionnels espagnols ont soutenu l’IPO de Bankia, une opération cruciale pour le secteur financier local et plus largement pour l’Espagne puisque son succès pourrait insuffler un regain, relatif, de confiance. En pleine dégringolade des marchés, la baisse du prix aura été nécessaire pour les convaincre. La banque veut insister sur la réussite de l’IPO «puisqu’elle a été accomplie dans l’un des moments les plus difficiles de ces dernières années sur les marchés».
«L’augmentation de capital dérivée de l’IPO permet à Bankia de se situer parmi les établissements les plus capitalisés du secteur bancaire européen avec un core capital supérieur à 9,6%», assure Bankia dans un communiqué. L’offre était destinée à 60% aux investisseurs particuliers et à 40% aux institutionnels. Ces deux tronçons ont été couverts par une demande respective de 104% et supérieure à 110%.
Les nouvelles normes introduites par le gouvernement en février pour accélérer la restructuration du système financier forçaient la banque à trouver au moins 1,79 milliard sur les marchés. «On a pu lever pratiquement le double», souligne le groupe. Le patriotisme économique des investisseurs locaux masque cependant un taux de réponse des non-résidents sans doute faible.
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