Citigroup écope d’une amende pour diffusion sélective de sa recherche actions

La banque devra verser 30 millions de dollars après qu’un analyste a transmis des informations sensibles concernant un fournisseur d’Apple
Benoît Menou

Le risque juridique apparaît comme un boulet chaque jour plus lourd à traîner par les banques américaines ou européennes. Citigroup en a fait les frais hier encore, en écopant d’une amende d’un montant certes limité à 30 millions de dollars mais ne mettant pas moins en lumière des carences de son organisation, plus particulièrement en matière de déontologie.

En l’occurrence, la banque a été sanctionnée par les régulateurs du Massachussetts pour divulgation sélective d’informations de la part de l’un de ses analystes actions, Kevin Chang. Ce dernier, basé à Taïwan à l’époque des faits en décembre 2012, a quitté le groupe le mois dernier. La banque s’est dit soulagée d’avoir soldé ce dossier.

L’analyste a transmis à certains investisseurs, parmi lesquels Citadel, GLG Partners, T. Rowe Price et SAC Capital Advisors, par ailleurs poursuivi pour délit d’initiés par les autorités fédérales, des informations sensibles confidentielles concernant un fournisseur d’Apple, Hon Hai Precision Industry. Les gérants ont ainsi eu connaissance par courrier électronique un jour avant l’ensemble de la communauté financière de données laissant présager «des baisses sensibles de production de l’iPhone d’Apple», selon le communiqué du Secrétaire d’Etat du Massachussetts, William Galvin. Trois des clients de Citigroup auraient vendu des titres de la marque à la pomme avant publication des éléments.

«Le fait que l’ensemble des investisseurs doivent bénéficier dans le même temps d’informations en provenance des analystes est une leçon qui doit être répétée encore et encore (…) aussi souvent que nécessaire », a clamé William Galvin. Il a estimé que «l’analyste de Citi n’aurait pas dû être si accessible auprès des clients, il aurait dû être davantage protégé par l’équipe de compliance». Aux yeux du Secrétaire d’Etat, l’affaire montre qu’il existe encore pour les banques deux types de clients, les grands et ceux tournés vers les particuliers «qui ne reçoivent pas souvent l’information».

Citigroup est par ailleurs condamnée à mener pendant trois ans une revue de sa politique en termes de diffusion de sa recherche confidentielle. Elle avait déjà convenu l’an dernier de verser 2 millions de dollars, toujours dans le Massachussetts, pour mettre un terme à des poursuites liées à la transmission par un analyste junior d’informations confidentielles relatives au projet d’introduction en Bourse de Facebook. Ce précédent a renforcé la sanction dévoilée hier.

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