Citigroup continue de chasser à grands frais les fantômes de la crise des subprimes
Il s’agit selon Citigroup d’une «nouvelle étape majeure vers l’extinction de notre exposition à des plaintes issues de la crise financière». «Nous sommes impatients de laisser ce sujet derrière nous» a en effet stipulé la banque américaine dans un communiqué hier soir annonçant une proposition faite à la justice américaine pour mettre un terme à une action en nom collectif pour information trompeuse. Citigroup accepte en l’occurrence de verser quelque 730 millions de dollars dans une affaire l’opposant depuis quatre ans à des investisseurs ayant acheté des obligations et des actions préférentielles de la banque (entre le 11 mai 2006 et le 28 novembre 2008 précisément). Ces derniers, qui comptent notamment dans leurs rangs de nombreux fonds de pensions américains, estiment avoir été bernés par la banque qui leur aurait transmis des informations inexactes ou aurait menti par omission concernant son exposition au marché des désormais fameux «subprimes», ces prêts hypothécaires risqués au cœur du déclenchement de la crise financière. La banque aurait particulièrement sous-estimé les réserves à constituer pour faire face à d’éventuelles pertes sur ces produits, dont elle aurait surestimé la qualité. Ce n’est qu’en 2008 alors que Citigroup recevait un soutien financier des autorités que les investisseurs ont pu se rendre compte de la situation.
Citigroup confirme pourtant qu’elle rejette les accusations et indique consentir à ce règlement amiable uniquement afin d’«éliminer les incertitudes, le fardeau et les dépenses d’une procédure à rallonge». La banque précise en outre que le montant proposé est couvert par les réserves existantes pur risque juridique. Le géant bancaire américain assure tout de même «être une entreprise fondamentalement différente aujourd’hui par rapport au début de la crise financière», entre autres grâce à une refonte de la gestion du risque, à un abaissement de l’exposition aux risques ou à la cession d’actifs jugés non-stratégiques.
L’accord amiable recherché par Citigroup auprès du tribunal de New York où l’action en nom collectif a été déposée constitue par son montant, comme le souligne le Financial Times, le second plus important dossier pour une banque américaine souhaitant mettre un terme à des poursuites depuis 2007. Bank of America a en effet convenu de verser 2,4 milliards de dollars pour faire taire les accusations de tromperie de la part d’actionnaires concernant la santé financière de Merrill Lynch, rachetée en 2008.
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