Chrysler Financial tombe dans l’escarcelle de TD Bank
Les banques canadiennes conservent un appétit d’ogre hors de leurs frontières nationales. Hier, c’est Toronto Dominion Bank qui a conclu auprès de Cerberus Capital Management le rachat pour 6,3 milliards de dollars (4,8 milliards d’euros) du spécialiste du financement automobile Chrysler Financial, ancienne filiale du constructeur de Detroit. Dont 5,9 milliards d’actifs nets et 400 millions de survaleur. Un montant total conforme aux attentes, s’agissant d’une opération ayant fait l’objet de rumeurs ces dernières semaines.
Outre un impact négatif de 55 à 60 points de base attendu sur son ratio Tier one, l’acquéreur estime que la transaction sera neutre en termes de résultats l’an prochain et aura un effet positif de 100 millions en 2012. Ce dernier montant paraît bien modeste à Brian Klock de Keefe, Bruyette & Woods pour justifier le prix payé pour l’acquisition de Chrysler Financial. L’analyste salue en revanche la part restreinte du goodwill, le faible risque d’intégration, ainsi que le refus de TD Bank de solliciter le marché par l’émission de titres pour financer l’opération.
Quand bien même le directeur général de TD Bank, Ed Clark, a assuré que «cette transaction représente une opportunité unique d’acquérir une plateforme de croissance organique de qualité à un prix attractif», l’offensive s’inscrit dans un mouvement plus vaste d’opérations de croissance engagées par des banques canadiennes tirant parti des impacts de la crise sur leurs rivales. Le Forum économique mondial a décerné au Canada en septembre, et pour la troisième année consécutive, le titre de système bancaire le plus solide au monde.
Les banques canadiennes se tournent tout d’abord vers le voisin américain. TD Bank a déjà notamment acquis auprès de la FDIC, organisme de garantie des dépôts bancaires aux Etats-Unis, des actifs de trois banques de Floride pour 3,8 milliards de dollars.
La semaine dernière, Bank of Montreal (BMO) a fait part de l’acquisition pour 4,1 milliards de dollars de la banque du Wisconsin Marshall & Ilsley. La banque a également formulé sa volonté de croître dans la gestion de fortune en Chine, tandis que Bank of Nova Scotia poursuit ses emplettes en Amérique latine. En Europe, Royal Bank of Canada a convenu en octobre de s’emparer du gestionnaire britannique BlueBay Asset Management pour près d’un milliard de livres.
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