Cesare Geronzi quitte la présidence de Generali par la petite porte
Le sort de Cesare Geronzi a été scellé hier à Rome. Le président de Generali a présenté sa démission sous la menace d’un vote de défiance lancée par au moins 10 administrateurs sur les 21 que compte le conseil. Alberto Nagel, le directeur général de la banque d’affaires Mediobanca (actionnaire à hauteur de 13,47% du capital) et Diego Della Valle, l’entrepreneur à la tête de la maison de luxe Tod’s figuraient au rang des frondeurs.
Deux jours avant cette réunion extraordinaire à haut risque, Ana Patricia Botin, directeur général de la filiale britannique de Santander, avait annoncé l’abandon de son mandat d’administrateur indépendant, ce qui a permis au conseil de basculer. Arrivé à la tête de l’assureur triestin il y a moins d’un an, pour remplacer l’emblématique Antoine Bernheim, Cesare Geronzi s’est attiré au cours des derniers mois une animosité croissante en se heurtant de front au directeur général Giovanni Perissinotto.
Mi-février, le président non exécutif détaille au Financial Times une stratégie de croissance en Amérique latine. Une initiative qui n’aurait jamais été débattue en conseil d’administration. Il suggère également une plus forte implication du groupe dans le système bancaire italien, en contradiction avec les déclarations faites par son directeur général aux analystes financiers fin décembre. Diego Della Valle a aussi récemment reproché à Cesare Geronzi de pousser la compagnie «trop près de Rome».
Après le départ de Cesare Geronzi, les regards se tournent vers Vincent Bolloré. L’homme d’affaires français a remis en cause un partenariat qu’il juge «inéquilibré» avec le groupe tchèque PPF Group, et refusé de signer les comptes 2010. Des critiques interprétées comme un soutien à Cesare Geronzi face à Giovanni Perissinotto. Selon un bon connaisseur du groupe, le mandat d’administrateur de Vincent Bolloré est désormais sérieusement menacé.
Generali a loué hier «le grand sens de la responsabilité [de Cesare Geronzi] dans la prise de cette décision, qui vise à influer favorablement sur le climat de la société». L’assureur ne précise pas qui va assurer l’intérim, alors que l’assemblée générale des actionnaires doit se dérouler à la fin du mois. Mais le vice-président Francesco Gaetano Caltagirone semble tenir la corde. La nouvelle a été bien accueillie hier à la Bourse de Milan. L’action a clôturé sur un gain de 3%.
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