CASA paie l'échec de son expansion internationale
Les analystes et les investisseurs qui attendaient de la part du Crédit Agricole la confirmation de la cession de la filiale grecque Emporiki en sont pour leurs frais. «Notre conseil d’administration a pris connaissance des trois offres fermes hier. Aucune décision n’a été prise pour l’instant», a indiqué Jean-Paul Chifflet, directeur général de Crédit Agricole SA, la structure cotée de la banque verte. «Le délai peut s’exprimer en semaines. Nous espérons conclure la transaction à la fin de l’année», a-t-il toutefois précisé.
Le dirigeant explique ce délai par la multitude d’interlocuteurs imposés: la BCE, la Banque centrale grecque, la Banque de France, le Fonds hellénique de stabilité financière, trois directions de la Commission européenne et le FMI.
Les offres ont été déposées début août par National Bank of Greece, Eurobank et Alpha Bank. L’objectif de CASA est de réduire au maximum – de préférence à néant – son exposition à la Grèce. Mais la fragilité d’Emporiki et du secteur financier grec rend l’issue idéale improbable. Les analystes et la presse locale émettent l’hypothèse que le régulateur grec exige une prise de participation minoritaire dans le nouveau groupe issu de la fusion entre Emporiki et son repreneur. «Nous ne le souhaitons pas, mais nous sommes dans une négociation. Dans tous les cas, nous entendons rester en deçà des 10%, ce qui, d’un point de vue réglementaire, nous éviterait d’avoir à prendre en compte les emplois pondérés», précise Jean-Paul Chifflet.
Entretemps, Emporiki a, sans surprise, marqué une nouvelle fois de son empreinte les comptes de CASA au deuxième trimestre, avec une contribution négative de 370 millions d’euros sur le résultat net.
Mais ce n’est pas tout: marquant l’échec de son expansion internationale pendant la décennie précédente, la banque a dû déprécier de 494 millions d’euros ses participations à l’étranger. Elle a en effet franchi à la baisse le seuil de 2% dans Intesa Sanpaolo, provoquant une dépréciation de 427 millions d’euros, ainsi qu’une dépréciation indirecte de 67 millions liée à la mise en équivalence de SACAM International. Cette structure porte les participations dans les filiales internationales (Emporiki et le réseau italien Cariparma) au niveau des caisses régionales; elles sont mises en équivalence dans les comptes de CASA à hauteur de 25%.
En outre, CASA est passé sous les 20% de détention dans l’établissement espagnol Bankinter, ayant refusé de prendre part à l’émission d’actions de préférence. Si cela n’a pas eu de conséquences comptables pour l’instant, une dépréciation dans les comptes du troisième trimestre n’est pas exclue. En effet, «détenir plus de 20% dans un actif nous confère une certaine influence; notre participation a alors une valeur d’utilisation différente de sa valeur de marché. Nous réexaminerons l’influence que nous avons au sein de Bankinter et son traitement comptable», indique Jean-Paul Chifflet. L’hypothèse d’un désengagement total n’est pas exclue, mais les faibles volumes actuels à la Bourse de Madrid la rendent improbable à court terme.
En définitive, ces péripéties n’ont laissé à CASA qu’un bénéfice symbolique de 111 millions d’euros, soit une chute de plus de 67% par rapport au deuxième trimestre 2011.
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