Caixabank avance ses pions au Portugal
Caixabank pourrait devenir une des premières banques du Portugal. Après avoir annoncé mardi son intention de prendre le contrôle total de BPI dont elle détient 44,1%, la banque espagnole a confirmé son intérêt pour Novo Banco, la «bonne banque» née des cendres de Banco Espirito Santo, qui représente 18% de parts de marché du pays. Or BPI, qui pèse 11% de parts de marché au Portugal, figure sur la liste des 15 prétendants de Novo Banco. Le nom de l’acheteur devrait être connu en mai ou juin.
Caixabank a lancé une offre publique d’achat du solde de 55,9% de BPI pour 1,1 milliard d’euros, 1,329 euro par action, soit une prime de 27% par rapport au cours de clôture lundi. Deutsche Bank l’a conseillée dans cette opération qui devrait aboutir au second trimestre et générer 130 millions d’euros d’économie de coûts par an d’ici à 2017, selon la banque catalane.
«Cette opération clarifie la stratégie d’acquisition de Caixabank au Portugal. Elle est un premier pas vers une offre sur Novo Banco, qui mettrait le ratio de capital de la banque espagnole sous pression», estime David Vaamonde, analyste chez Mainfirst Bank. Caixabank juge l’impact du rachat de BPI sur son ratio CET1 entre 80 et 140 points de base, et veut maintenir un ratio CET1 «fully loaded» supérieur à 11%. Il était de 12,3% fin 2014. Gonzalo Gortazar, son directeur général, a précisé qu’une augmentation de capital était envisageable.
«BPI est la candidate la plus à même d’acquérir Novo Banco du fait de l’opportunité de consolidation du marché domestique et des synergies qui en résulteraient», estimait en décembre Albino Oliveira, analyste chez Fincor. BPI pourrait toutefois devoir lever 3,8 milliards d’euros pour conclure cet achat, selon des analystes.
Sans l’OPA de Caixabank sur BPI, l’acquisition de Novo Banco par BPI aurait entraîné une dilution de la participation de Caixabank dans cette dernière, ou une augmentation de sa participation mais sans changement de ses droits de vote. Or le rachat total de la banque portugaise devrait permettre à l’établissement catalan d’augmenter la part de ses droits de vote, actuellement limités à 20%, font remarquer les analystes de CreditSights.
Suspendue en début de séance, l’action BPI a ouvert en forte hausse pour terminer à +27,04%, alignée sur le prix de l’offre. Caixabank a cédé -2,99 % à la clôture.
Plus d'articles du même thème
-
MSCI donne un sursis à l’Indonésie
Le fournisseur d’indices a reporté sa décision de déclassement en marché frontière de la première économie d’Asie du Sud-Est à novembre, dans l’attente d’évaluer les mesures prises par Jakarta. MSCI a par ailleurs décidé d’accorder le statut de marché frontière à la Bulgarie et laisse la Corée du Sud chez les émergents. -
«Sur le rapport Draghi, le plus dur reste à faire», alerte l'Institut Montaigne
Selon le think tank libéral, si 30 % des recommandations du rapport Mario Draghi ont été appliquées, moins de 5 % des réformes les plus substantielles l'ont été. -
Le baromètre Micron rassure les marchés sur la demande liée à l’IA
Le fabricant américain de puces mémoire Micron a publié mercredi soir des résultats trimestriels et des prévisions records. Il est un des grands gagnants des pénuries de puces mémoire HBM, ayant engrangé à ce titre plusieurs contrats pluriannuels.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
Contenu de nos partenaires
-
Italie, Allemagne et Portugal : comment se débrouillent nos voisins face à la dette ?
Alors que la dette de la France atteint des sommets, la Cour des comptes a consacré un chapitre de son dernier rapport à la manière dont l'Italie, le Portugal et l'Allemagne ont récemment consolidé leurs finances publiques -
InsoucianceComment le piège de la dette se referme sur la France
Le risque de l'étouffement par surendettement menace désormais le pays. En quelques années, le discours des économistes s'est radicalement retourné sous l'effet de la remontée en flèche des taux d'intérêt. Trop tard ? -
Nouvelle réalitéLes pays du Golfe tentent l'apaisement avec Téhéran
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou encore le Qatar multiplient les initiatives pour restaurer les liens avec leur rival iranien