Bruxelles met la pression sur le secteur bancaire allemand
Joaquin Almunia hausse le ton. Dans un communiqué, le commissaire européen à la Concurrence estime que l’Allemagne n’a pas présenté de projet crédible pour l’avenir de la banque régionale WestLB. Les services de Bruxelles avaient demandé pour le 15 février au plus tard un plan de restructuration de l'établissement. Parmi les trois options présentées in extremis, Berlin disait privilégier celle visant à faire de WestLB un gérant de liquidités pour les caisses d’épargne de l’Etat de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Dans ce cadre, les autres activités, notamment le financement de grands projets d’infrastructures ou la filiale immobilière WestImmo, seraient cédées à des acheteurs privés ou transférées à la structure de défaisance.
Un scénario qui ne semble pas suffisamment élaboré aux yeux de Joaquin Almunia, alors que celui-ci s'était donné jusqu'à l'été pour examiner les propositions allemandes. «La Commission a besoin d’un plan concret et détaillé des autorités allemandes montrant que, si des activités bancaires de WestLB subsistaient, elles devraient être durables sans le moindre doute, et que le reste serait vendu ou liquidé», déclare-t-il dans ce document diffusé hier par courriel. Et le Commissaire de se montrer menaçant : «après la mi-avril, quoi que nous ayons sur la table, mes services commenceront à préparer une décision. L’Allemagne ne peut pas continuer à reporter la restructuration de ses banques éternellement», assène-t-il. Un dossier majeur puisque le secteur bancaire allemand reste dominé par les caisses d'épargne (Sparkassen) et les banques régionales (Landesbanken).
Joaquin Almunia se dit par ailleurs «inquiet sur le fait que nous ne progressons pas comme nous devrions le faire». Si les autorités allemandes ne parviennent pas au bout du compte à convaincre la Commission de la pertinence de leur plan, près de 3,4 milliards d’euros perçus sous forme d’aides publiques durant la crise financière devraient être remboursés. Dans un rapport très sévère rendu public mi-février, des experts dirigés par le professeur Daniel Zimmer, de l’université de Bonn, estimaient que WestLB, ainsi que sa consœur Hypo Real Estate (HRE), n’apportaient «aucune plus-value indispensable au fonctionnement de notre économie». Ils recommandaient dès lors leur démantèlement.
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