Bruxelles envisage déjà d’amender ses projets sur la résolution bancaire
A peine présentée, la proposition de Bruxelles pour parachever l’union bancaire par un mécanisme commun de résolution risque d’être rapidement revue. Dans une lettre adressée au commissaire en charge Michel Barnier, le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble a fait connaître ses réserves notamment sur la compétence dont souhaite se doter la Commission pour arrêter les plans de résolution. Berlin reste dans l’idée qu’une révision des traités est nécessaire pour franchir ce pas.
A Bruxelles, on estime toutefois que l’accueil réservé par Berlin au projet est plutôt moins virulent que la réaction suscitée l’an dernier par le transfert de la supervision à la BCE. On plaide le parallélisme entre les deux mécanismes. «On ne peut pas avoir un pied dans la méthode communautaire (pour la supervision) et l’autre dans l’intergouvernemental», explique une source interne. Cependant, une ligne de repli se dessine déjà. La Commission s’attend à être expulsée, de même que la BCE, du comité de résolution, sorte d’organe exécutif où les autorités nationales seraient nettement minoritaires dans le projet actuel. Elle entend tenir bon sur la présence d’un directeur exécutif, flanqué d’un adjoint, à côté des autorités nationales. «Il faut bien quelqu’un pour garantir l’intérêt général», explique cette source.
«En l’état, la proposition de la Commission n’a aucune chance d’obtenir l’accord de l’Ecofin», juge pour sa part Alan Lemangnen chez Natixis. A la rentrée, le débat devrait se concentrer précisément sur le rôle - et même la présence – de ces deux dirigeants ad hoc, et plus généralement sur les structures de décision.
Il est également probable que le périmètre de cette résolution centralisée soit considérablement réduit. L’exécutif européen, qui s’y prépare, n’entend toutefois pas s’en tenir aux 130 banques directement supervisées par la BCE. Pourraient sortir du mécanisme uniquement les banques qui n’ont pas d’activité transfrontalière et celles qui n’ont jamais reçu de soutien public européen.
Sur ce dossier, Michel Barnier et Joaquin Almunia, le commissaire en charge de la concurrence, devraient continuer à travailler de concert. Or Bruxelles doit traiter dans les mois qui viennent le cas de NordLB, une Landesbank qui reste dépendante des soutiens publics en dépit d’une aide à la restructuration de 3,3 milliards d’euros autorisée il y a un an. Ce qui lui donne un moyen de pression sur Berlin.
Plus d'articles du même thème
-
«Des phases de consolidation pourraient offrir des occasions de renforcer une exposition sur le yen»
Michaël Nizard, responsable de la gestion multi-asset et overlay chez Edmond de Rothschild AM. -
Les acheteurs de dette française attendent beaucoup du prochain quinquennat
Pour Alexandre Stott, économiste chez Goldman Sachs, la croissance de la France restera trop faible pour envisager une réduction rapide du déficit public. En revanche, les investisseurs attendent une clarification des orientations politiques du pays pour acheter davantage de dette. -
Rexel veut muscler son jeu aux USA avec le rachat de GCG pour 1,4 milliard de dollars
Le distributeur de matériel électrique Rexel renoue avec la croissance externe en s'offrant une plateforme spécialisée dans les infrastructures.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Comptes publicsLa réponse à la « crise » du pouvoir d’achat est dans la croissance
La France paie les erreurs des politiques économiques depuis 30 ans. La faiblesse de la croissance ne permet pas une hausse des salaires suffisante pour soutenir le pouvoir d'achat -
Visite du pape en France : à Paris, 800 000 personnes ont assisté à sa messe place de la Concorde
Devant 700 000 personnes assistant à sa grande messe sur la place de la Concorde, samedi 26 septembre, Léon XIV a encouragé les chrétiens « à sans cesse rayonner et transmettre la vie, la paix et l’Amour de notre Seigneur bien-aimé, Jésus-Christ » -
Audio, optique, dentaire... comment la Sécurité sociale peut économiser quelques milliards d'euros
Un rapport des inspections générales des finances et des affaires sociales chiffre des scénarios de transferts de prise en charge entre l'Assurance maladie et les complémentaires santé