Bruxelles devrait donner son feu vert à la mise en extinction du CIF
Cette journée fera date dans l’histoire du Crédit immobilier de France. La Commission européenne devrait approuver le plan de résolution de l’établissement, secouru par l’Etat en 2012, et rendre permanente la garantie publique temporaire dont il bénéficie pour se refinancer. Le CIF va pouvoir engager sa lourde restructuration et se consacrer à 100% à la gestion de ses encours.
Interdit de production nouvelle, le prêteur prévoit de laisser s’éteindre progressivement ses 33 milliards d’euros de crédits d’ici à 2030. Sur les 2.400 salariés du groupe, seulement 900 resteront au départ dans le nouveau CIF. Les 1.200 collaborateurs dédiés à la production vont faire l’objet de plans sociaux (PSE) et d’un gros effort de reclassement; 164 d’entre eux auraient déjà retrouvé un emploi hors du groupe. La centaine de collaborateurs du courtier Assurances & Conseil va rejoindre Verspieren, qui a acquis la société. Ceux de Sofiap, la société commune avec la SNCF, sont promis à la Banque Postale, qui a déposé une offre. Le sort de la BPI, filiale patrimoniale, qui n’a pas reçu d’offre ferme, est plus incertain.
Le feu vert de Bruxelles était nécessaire pour engager les plans sociaux. Ceux-ci s’étaleront sur 2014. Entre les indemnités versées et les charges annexes (reconversion, etc.), le coût de cette restructuration devrait osciller entre 250 et 350 millions d’euros, un montant prélevé sur les 2,4 milliards d’euros de fonds propres du groupe.
Sur le plan juridique et financier, le CIF devrait simplifier sa structure avec, à terme, une seule société. Il a fallu par ailleurs rendre compatibles les exigences de Bruxelles, de l’Etat et des actionnaires, et les contraintes de solvabilité du prêteur. La commission de garantie permanente tournera autour de 150 points de base, un montant élevé: sur les 8 milliards d’euros émis en 2013 par le CIF avec l’appui de l’Etat, il en coûterait ainsi 120 millions à la banque. Mais à tout moment, celle-ci devra respecter un ratio de solvabilité d’au moins 12%. Si le coût de la garantie menaçait une année de casser ce seuil, la fraction des commissions dues à l’Etat serait alors placée en report à nouveau, et payable sous forme d’actions de préférence.
Une partie des 1,3 milliard d’euros de capital social seront enfin convertis en réserves, pour pouvoir être distribués ultérieurement. Dans tous les cas, les actionnaires actuels n’auront droit à aucun versement avant 2018.
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