Bruxelles à la manœuvre pour coordonner la recapitalisation
Le «plan européen» de recapitalisation bancaire qui sera au centre du Conseil européen du 23 octobre à Bruxelles a commencé mercredi à prendre forme. José Manuel Barroso en a esquissé les grandes lignes hier dans une adresse aux députés européens. Ce plan devrait inclure «toutes les banques systémiques identifiées» comme telles par l’Autorité bancaire européenne, «prendre en compte l’exposition au risque souverain en toute transparence» et inclure un «ratio de capital temporairement plus élevé après prise en compte de l’exposition».
Une fois les besoins exposés et tant qu’elles n’ont pas mis en œuvre leur plan de recapitalisation individuel, ces banques devraient «être interdites de payer dividendes et bonus par les superviseurs nationaux», a recommandé le président de la Commission. Bruxelles réaffirme par ailleurs sa préférence pour le recours à des financements privés plutôt que publics (qu’ils soient d’origine nationale ou venant de l’EFSF). «Les deux problèmes de la contagion souveraine et des banques sont maintenant, qu’on le veuille ou pas, étroitement liés», a-t-il commenté.
La balle est actuellement dans le camp de l’Autorité bancaire européenne (EBA) d’où les travaux ont commencé à largement «fuiter» depuis mercredi. Selon des sources citées par Reuters, l’EBA travaille sur l’anticipation du ratio de core tier 1 de Bâle 3. Elle songe à demander aux banques d’en anticiper l’application ce qui reviendrait, dans les conditions actuelles (Bâle 2) de calcul des fonds propres à fixer le ratio à 9%. Cette augmentation, combinée à une décote importante sur les titres souverains, ferait apparaître un besoin en capital de plusieurs centaines de milliards d’euros.
Selon une évaluation de Tulett Prebon, une décote des titres grecs de 60%, portugais de 26% et irlandais de 8% créerait un besoin de capitaux de 246 milliards. Une autre hypothèse verrait le ratio propulsé à 7% seulement (par rapport aux 5% qui ont servi de benchmark aux stress tests de juillet). Le besoin en capital ne serait plus alors que de 86 milliards. Cela dit les décotes et donc les besoins pourraient être plus importants si les premières étaient étendues à d’autres pays de la zone euro. La Commission européenne souhaite que l’exercice porte sur toutes les banques ayant participé aux stress tests de juillet «sauf quelques établissements domestiques plus petits n’ayant pas d’exposition internationale». Une réunion des ministres des Finances de la zone euro devrait précéder de 24 heures le sommet européen du 23 octobre.
Plus d'articles du même thème
-
Les mauvais paris de Jefferies font s’effondrer ses revenus en gestion d’actifs
La direction de Jefferies met en cause un fonds en particulier pour expliquer la baisse de ses revenus en gestion d'actifs au troisième trimestre 2026. -
Warburg Pincus accélère la rotation de son portefeuille
Le fonds américain a réalisé 12 milliards de dollars de cessions depuis le début de l’année. Un montant similaire à celui atteint sur l’ensemble de 2025. -
La FCA officialise l'allègement du reporting climatique des sociétés de gestion
Le régulateur britannique a supprimé certaines obligations pour les gestionnaires d’actifs afin d’économiser environ 20 millions de livres sterling par an, d’après son estimation.
ETF à la Une
Contenu de nos partenaires
-
Du gaz dans l'eauEnergie : les Européens face à l’hiver « très difficile » qui arrive
Les Vingt-Sept disposent d’un nombre limité de leviers pour éviter une crise des prix -
Course de lenteurJordan Bardella-Mediapart : pourquoi la justice ne tranchera sans doute pas avant la présidentielle
Diffamation, citation directe, plainte pour faux… Vingt-quatre heures après l'enquête de Mediapart lui attribuant des écrits antisémites, qu'il dénonce comme des « faux grossiers », Jordan Bardella n'a pas encore choisi son arme judiciaire. Or ce choix pourrait décider de l'issue et de son calendrier -
EmballementComplot terroriste ou simple vol de carburant : que s'est-il passé dans cette base militaire anglaise ?
Après l’arrestation de cinq hommes soupçonnés de terrorisme aux abords de la base de Fairford, un site militaire utilisé par l’armée américaine, leur libération rapide interroge la gravité réelle de la menace.