BPCE va prêter 3 milliards d’euros au Crédit Foncier
Mis en place dans le cadre du projet «Yanne», ce financement réduira les besoins d'émissions sur le marché du spécialiste du financement immobilier
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Alexandre Garabedian
C’est l’invité surprise du «projet Yanne» chez BPCE. Le Crédit Foncier va bénéficier indirectement de la rupture des liens capitalistiques entre Natixis et les Caisses d’Epargne et Banques Populaires. A l’issue de l’opération, début août, Natixis se retrouvera en effet avec un excédent de liquidité de près de 8 milliards d’euros, qu’il prêtera à BPCE SA, l’organe central du groupe. Ce dernier avancera 3 milliards au Crédit Foncier.
Selon des documents internes, ce prêt sera octroyé sur 10 ans au moins et à un taux d’environ 2,80%. «Vu la bonne tenue de notre production, il est logique de recourir à ce surplus de liquidités disponible au sein du groupe plutôt que d’aller chercher ces montants sur le marché, confirme Bruno Deletré, le directeur général du Crédit Foncier. Nous discutons avec BPCE des modalités du prêt, notamment sur l’utilité de le tirer en une seule fois ou en plusieurs». Le coût de ce financement reste un peu supérieur à celui des obligations foncières du groupe, «qui se placent très bien dans un contexte de baisse de l’offre par les émetteurs».
Ce prêt réduira donc les besoins d’émissions du Crédit Foncier sur le marché, au moins en 2013. Le groupe prévoyait de lever 14 milliards d’euros à moyen long terme cette année. Tous instruments confondus, il en est déjà à 8,5 milliards, dont 1,5 milliard émis par anticipation en 2012. Il ne réalisera pas la totalité des 5,5 milliards restants, même s’il continuera à émettre des obligations foncières.
Outre le prêt intragroupe, le «deleveraging» déjà effectué en 2013 réduit les besoins. Dans son budget annuel, le Crédit Foncier prévoyait de céder pour 2 milliards d’euros d’actifs et de racheter pour les mêmes montants les obligations émises en adossement de ces actifs. Or, si le programme de cession est déjà quasiment bouclé, le groupe a repris très peu de passifs depuis janvier, car le resserrement des spreads sur sa dette ne lui permet plus d’enregistrer des plus-values sur ces opérations. Ces passifs se retrouvent donc «libérés» pour refinancer de la production nouvelle.
Le Crédit Foncier a déjà modifié son programme 2013. Sur les 14 milliards d’euros, il prévoyait un deuxième emprunt grand public d’un milliard après celui de janvier 2012, mais il y a renoncé pour des raisons de coût. La titrisation doit aussi lui amener 2 milliards. La banque y travaille toujours, mais ne devrait pas sortir de transaction avant l’été.
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