BPCE cultive de dispendieuses ambitions en Chine

La banque lorgne 19,9 % de Bank of Guangzhou pour un coût allant jusqu'à 630 millions d’euros, alors qu’il lui reste 2,9 milliards à rembourser à l’Etat
Patrick Aussannaire

BPCE souhaite tenter l’aventure en Chine. Le gouvernement de la province chinoise de Guangzhou cherche en effet à vendre une participation de 20% dans sa banque de réseau locale à des investisseurs étrangers pour un montant de 850 millions de dollars. Une opportunité que souhaitent saisir BPCE et la banque canadienne Bank of Nova Scotia, alors que Bank of Guangzhou aurait déjà autorisé les acheteurs potentiels à lancer leur due diligence, selon des informations relayées par Bloomberg.

Même si la province compte mettre plus de 50% de sa banque locale en vente, la législation chinoise interdit aux investisseurs étrangers de détenir plus de 25% dans une entreprise nationale avec une participation limitée pour un seul investisseur étranger à 19,99% du capital. Sous cette contrainte, la banque française souhaiterait s’emparer du niveau de participation maximal autorisé dans Bank of Guangzhou.

Michael Werner, analyste chez C. Bernstein & Co, estime que ce type d’opérations est «une opportunité unique pour les investisseurs étrangers d’obtenir une implantation immédiate dans le système bancaire chinois». En l’occurrence, Bank of Guangzhou, avec 82 agences commerciales et 3,5 millions de clients, offre des perspectives intéressantes. La banque table en effet sur un triplement de ses résultats cette année à 1,7 milliard de yuans.

Le groupe ne fait pas de commentaires. «Mais François Pérol s’est plaint récemment en interne de la faiblesse des revenus du groupe BPCE à l’international, et a évoqué l’Asie», confie une source interne.

Si de telles opérations sont logiques pour les établissements fortement pourvus en capitaux propres, BPCE doit encore rembourser 2,9 milliards d’euros à l’Etat d’ici à 2013. Or, la participation de 20% dans Bank of Guangzhou serait estimée entre 650 et 850 millions de dollars (630 millions d’euros). Si le montant peut paraître modeste, les marges de manœuvre de BPCE semblent limitées par le remboursement des titres de l’Etat, qui coûtent cher, et la nécessité de maintenir son ratio core tier one à un niveau raisonnable. Il était de 7,7% à fin septembre. Par ailleurs, les précédentes incursions du groupe à l’international, qu’il s’agisse de l’Europe centrale (Banques Populaires) ou du Maroc et de l’Océan indien (Caisses d’Epargne), ont livré des résultats mitigés. Et la gouvernance d’une banque chinoise reste un sujet délicat.

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