BNP Paribas, UniCredit et Santander lorgnent la filiale polonaise de Rabobank

Les banques polonaises continuent de susciter l’intérêt des groupes européens, mais BNP Paribas n’a pas encore consolidé son réseau
Amélie Laurin

UniCredit est sorti du bois. La banque italienne a annoncé avoir fait une offre préliminaire pour le rachat de BGZ, la filiale polonaise du néerlandais Rabobank. BNP Paribas et Santander sont aussi sur les rangs, indiquait Reuters vendredi, confirmant les informations du journal polonais Puls Biznesu. Ce dernier assure que BNP Paribas aurait fait la meilleure offre. La banque de la rue d’Antin ne fait pas de commentaires, tout comme la Société Générale, non citée sur ce dossier mais très présente en Europe centrale et orientale.

Rabobank a mandaté Rothschild mais assurait jeudi n’avoir pas pris de décision sur l’éventuelle cession de BGZ, le Crédit Agricole local dont il possède 98%. La vente pourrait pourtant être bouclée dès fin octobre ou début novembre pour environ 900 millions d’euros, assure Reuters. Ce serait une étape de plus dans la consolidation du marché polonais. UniCredit a fait une offre via sa filiale Pekao, la deuxième banque du pays, tandis que Santander opérerait via Zachodni. La banque espagnole avait racheté ce réseau à l’irlandais AIB en 2010, à la barbe de BNP Paribas.

La banque française, qui a hérité de la banque de détail polonaise de Fortis, avait déjà été citée sur le dossier Polbank, racheté par Raiffeisen Bank International au grec EFG Eurobank; sur Bank Millennium, finalement resté dans le giron du portugais BCP; et plus récemment sur la branche locale de Nordea, reprise par PKO, la première banque du pays.

Avec 8,7 milliards de total de bilan, la filiale de Rabobank ne figure pas dans le Top 10 polonais, tout comme BNP Paribas Polska. Cette dernière s’est restructurée depuis mi-2012, en supprimant 400 postes, soit 14% de ses effectifs. Une acquisition permettrait à la banque française de consolider son enseigne qui affiche 3,8 milliards d’euros d’encours de crédit à fin juin, soit deux fois plus qu’en Ukraine mais trois fois moins qu’en Turquie.

Alors que les groupes étrangers contrôlent 70% du marché polonais, celui-ci reste peu concentré et le régulateur local s’est prononcé avant l’été contre les méga fusions. Premier pays d’Europe centrale avec 38 millions d’habitants, la Pologne suscite l’appétit mais pâtit du ralentissement de sa croissance. Les banques locales sont également exposées à l’évolution des taux de change, du fait de l’importance de leurs encours de crédits libellés en devises étrangères.

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