BNP Paribas soumet sa BFI en France à un régime sans précédent
Dans le sillage de Credit Suisse le mois dernier, BNP Paribas passe à son tour sa banque de financement et d’investissement (BFI ou CIB) à la paille de fer. La banque de la rue d’Antin a annoncé hier 675 suppressions de postes dans sa division en France, au cours d’un comité d’entreprise exceptionnel. Ce plan de départs volontaires est d’une ampleur sans précédent pour sa BFI, et supérieur aux 125 postes menacés chez Société Générale CIB. Il suit l’annonce d’un objectif d’un milliard d’euros d’économies pour la division, d’ici à 2019 (lire l’encadré).
La mesure porte, selon une source syndicale, sur 18 % de l’effectif de la BFI en France, qui atteint 3.700 personnes. Le périmètre concerné exclut en effet BNP Paribas Securities Services (BPSS). 520 suppressions de postes sont prévues chez BNP Paribas SA (sur 2.800), et 155 chez BNP Paribas Arbitrage (sur environ 900). La banque communique seulement sur un effectif global de 6.000 personnes pour CIB en France, en incluant BPSS.
Rupture technologique
ll y a quatre ans, lors de la crise de la zone euro, le précédente vague de départs visait un maximum de 373 postes en France (11% des effectifs locaux de la «SA»), pour un total de 1.396 à travers le monde. En 2009, dans le sillage du séisme Lehman Brothers, BNP Paribas avait annoncé en interne quelque 200 destructions de postes dans ses activités de BFI en France, sur un total de 800 à 900 à l’échelle globale. Cette fois, le groupe n’indique pas quelle pourrait être l’ampleur des coupes au-delà des frontières.
En France, le plan de départs volontaires dévoilé hier sera étalé sur trois ans. Il sera accompagné d’un «dispositif d’aide à la mobilité» et de 221 créations de postes, dont 192 dans la «SA». Ces nouvelles embauches, prévues sur trois ans également, concerneront des fonctions de «business analysts» et «experts en financement sectoriel», mais aussi des «spécialistes des nouvelles technologies, de la blockchain et des data scientists», précise à L’Agefi un porte-parole de BNP Paribas.
La banque veut s’adapter au nouvel environnement technologique (numérique, automatisation des tâches), bousculé notamment par les fintech. Plus globalement, elle justifie ces suppressions de postes par «l’environnement macroéconomique, la demande de produits moins complexes, la compétition accrue et l’environnement réglementaire». «Nous n’avons pas le choix pour sauvegarder et pérenniser l’activité de CIB», assure le porte-parole.
BNP Paribas et les syndicats ne souhaitent pas détailler les fonctions et métiers concernés par le plan, dans un contexte particulièrement difficile pour les activités de trading. Notamment dans les produits de taux et de matières premières qui sont l’une des forces du groupe. Les modalités des départs volontaires seront détaillées aux syndicats lors de prochaines réunions, pour une mise en place en octobre.
500 recrutements par an en Inde
En parallèle, BNP Paribas va continuer à renforcer les centres offshore de sa BFI. «Nous recrutons 500 personnes par an en Inde dans l’informatique, les back-offices, les supports front-office et un peu dans l’analyse crédit de base», déclarait Alain Papiasse, directeur général adjoint du groupe, en marge de la présentation des résultats 2015. Sur les 29.000 équivalents temps plein de la BFI (y compris BPSS), l’Inde compte environ 3.500 salariés, le Portugal près de 2.500 et le Canada 500, assurait le dirigeant.
{"title":"Une feuille de route ambitieuse»,"body":{"value":"Malgr\u00e9 un nouveau plan d\u2019\u00e9conomies, BNP Paribas compte bien \u00abrester dans le Top 5 europ\u00e9en\u00bb<\/em> des banques de financement et d\u2019investissement (BFI). Le groupe entend profiter de l\u2019essor des march\u00e9s de capitaux, li\u00e9 \u00e0 la d\u00e9sinterm\u00e9diation progressive du financement des entreprises du Vieux Continent. \u00ab La BFI aura le m\u00eame poids dans le groupe en 2020 \u00bb<\/em>, soit environ 30% du capital allou\u00e9, assurait Alain Papiasse, directeur g\u00e9n\u00e9ral adjoint du groupe, lors de la pr\u00e9sentation des r\u00e9sultats annuels<\/a>. Le p\u00f4le doit faire cro\u00eetre son r\u00e9sultat avant imp\u00f4t de 1,6 milliard d\u2019euros d\u2019ici \u00e0 2019 (hors contraintes r\u00e9glementaires) et ses revenus de plus de 2 milliards d\u2019euros (+4% par an).<\/p>\n»,"format":"light_html"}}
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