BNP Paribas Securities Services fait le pari de la technologie
Pour Patrick Colle, responsable de la division BNP Paribas Securities Services (BP2S), l’intégration de la société dans le pôle CIB (Corporate Institutional Banking), actée depuis le début de l’année, répond parfaitement à la demande. «Nos clients veulent que nous soyions à la fois intégrés mais séparés» a-t-il indiqué hier à Londres lors d’un point presse.
S’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, Patrick Colle a néanmoins souligné la transformation des processus de travail depuis la réorganisation. «La communication des équipes s’est trouvée immédiatement facilitée, alors que nous travaillions autrefois en silos, nous pouvons désormais assembler les solutions ensemble, avec les équipes de Global Markets, et faire du cross-selling. Créatrice de valeur, cette approche nous permet d’optimiser notre retour sur bilan».
Dans l’intervalle, BP2S va continuer à se positionner comme un acteur «global multi-local». Présent dans 34 pays, la division, qui recouvre 7.400 milliards d’euros d’actifs en conservation, est revenue sur sa croissance exponentielle depuis ses cinq dernières années. Son produit net bancaire a progressé de 7% entre 2010 et 2014 pour atteindre 1,56 milliard d’euros l’an dernier. Cette tendance s’est poursuivie au premier trimestre, avec une hausse de 18,6%. A l’avenir, la division a l’intention de miser toujours plus sur l’outil technologique.
Dans un contexte de forte pression réglementaire dans la banque et l’assurance, BP2S a développé un logiciel sophistiqué d’aide à la mesure du risque, adopté par CNP dans le cadre de la mise en place de la directive Solvabilité 2. La division a également acheté une licence auprès de Dassault Systèmes afin de déployer un outil collaboratif en interne permettant de réduire le temps de mise sur le marché de nouveaux produits de quelque 20%. En gestation depuis l’an dernier, cette plate-forme (Product Lifecycle Management) qui monopolise cinq personnes à temps plein, devrait être lancée dès la fin de l’année auprès de 450 salariés initialement, essentiellement des développeurs de produits et des personnes des départements finances et crédits.
Plus généralement, l’inflexion technologique de BP2S doit aussi permettre de répondre à de nouveaux défis. «La possible désintermédiation de notre base de clientèle, en particulier l’offensive des fintechs dans le secteur de la gestion d’actifs, est un phénomène que nous regardons à la loupe» conclut Patrick Colle.
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