BNP Paribas se résout à alléger son bilan
Emboîtant le pas de la Société Générale qui a fait part lundi d’un plan de réduction des coûts et de cession d’actifs (voir L’Agefi du 13 septembre),BNP Paribasa annoncé qu’elleréduirait de 10% la taille de son bilan d’ici à fin 2012, soit une baisse de 70 milliards d’euros de ses actifs pondérés. Objectif: afficher un ratio de solvabilité Bâle 3 de 9% dès 2013. La banquese met au régime sec pour tenter de mettre fin à sa dégringolade boursière et se préparer à la nouvelle réglementation bancaire.
Officiellement, ce plan d’amaigrissement est dû aux nouvelles règles de Bâle 3. La banque ne veut pas avouer qu’elle a, comme la Société Générale, répondu aux critiques toujours plus pesantes des investisseurs sur la taille de son bilan.
A fin juin, le ratio de fonds propres Bâle 2 de BNP Paribas s’établissait à 9,6%. Le groupe estime que le passage aux normes Bâle 2.5 et Bâle 3 l’affectera de 200 points de base (pb). La réduction des actifs pondérés doit permettre de libérer 100 pb de ratio. La banque compte sur ses mises en réserve pour les compléter et ainsi atteindre un ratio common equity tier 1 (CET1) de 9% dès 2013, intégrant la surcharge de capital imposée aux établissements jugés systémiques (SIFI) et estimée, pour BNP Paribas, autour de 2%.
Le dégraissage se fera principalement aux dépens de la banque de financement et d’investissement (BFI), dont les besoins en dollars ont déjà diminué de 22 milliards au premier semestre. BNP Paribas les réduira encore de 60 milliards d’ici à fin 2012, au rythme de 20 milliards par semestre. Cela passera par des cessions d’actifs - portefeuilles de crédit de qualité - voire d’activités. Le groupe réduira la voilure dans le financement export ou de projet, souvent libellé en dollar, un métier où les banques françaises sont des leaders mondiaux.
«Le fait de dire qu’on est prêt à vendre, qu’on est trop leveragé, peut calmer le marché. On va dans la bonne direction car BNP Paribas dit: je vous ai compris», souligne Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue.
La BFI va aussi devoir réduire ses coûts, comme à la Société Générale. Ces mesures seront présentées en interne lors d’un CCE exceptionnel convoqué dans les prochains jours, et détaillés à la présentation des résultats du troisième trimestre, le 8 novembre.
Dans les services financiers, BNP Paribas va cesser ses activités de financement de long terme n’offrant pas suffisamment d’opportunités de ventes croisées. La banque mettra notamment fin à ses solutions locatives spécifiques (yachts, jets…) et arrêtera le leasing dans certains pays (Hongrie, Suisse...). Ces mesures devraient permettre d’alléger de 9 milliards d’euros d’ici à fin 2012 un portefeuille identifié de 30 milliards.
BNP Paribas va également restreindre ses activités dans le crédit hypothécaire en Hongrie, Norvège, Espagne, Suisse et aux Pays-Bas de même que dans le courtage en France pour réduire de moitié d’ici à fin 2012 un portefeuille de 6 milliards.
La banque a rappelé qu’elle détenait 4 milliards d’euros de titres grecs dans son portefeuille bancaire au 30 juin. D’éventuelles nouvelles dépréciations, selon la mise en place du plan de sauvetage, pourraient être enregistrées au troisième trimestre. Une mise en valeur de marché de ces obligations, avec une décote de 55%, affecterait son résultat avant impôt de 1,7 milliard d’euros, soit 15 pb de CET1 Sur le Portugal (1,4 milliard) et l’Irlande (400 millions), la mise en valeur de marché, soit 30% de décote, coûterait 5 pb de ratio.
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