BNP Paribas se prépare à l’après Michel Pébereau
Michel Pébereau présidera cet après-midi une assemblée générale chargée en émotion. Le président de BNP Paribas évoquera devant ses actionnaires la question de sa succession. Un sujet à vrai dire réglé depuis longtemps. Dès 2003, la scission des fonctions de président et de directeur général avait préparé cette transition en douceur.
Agé de 69 ans, Michel Pébereau laissera la présidence du groupe au DG Baudouin Prot, qui fêtera le 24 mai son soixantième anniversaire. Quand? Rue d’Antin, au siège de la banque, on se borne à rappeler que «le mandat de Michel Pébereau vient d’être prolongé d’un an jusqu’à la prochaine assemblée générale de 2012».
Jean-Laurent Bonnafé, pour sa part, est appelé à devenir le futur numéro deux du groupe: il aura alors 50 ans. A la tête du réseau de détail en France, cet X-Mines a définitivement gagné sa légitimité en menant au pas de course l’intégration de l’italienne BNL, reprise en 2006, puis du belge Fortis, racheté en 2009. Son entrée au conseil d’administration, en mai 2010, puis son «retour» à Paris après le passage de témoin à la direction générale de BNP Paribas Fortis, début décembre, ont constitué les dernières étapes de ce processus de succession bien huilé, qui ne devrait guère modifier la stratégie du groupe.
Avec le départ annoncé de Michel Pébereau, comme celui en son temps de Claude Bébéar chez Axa, les milieux d’affaires français perdront l’un de leurs parrains. Et BNP Paribas, «son meilleur banquier d’affaires», glisse un concurrent. De ce point de vue, le tandem Prot/Bonnafé ne possède pas le rayonnement du président sortant, que ses détracteurs ont même qualifié de vice-ministre de l’Economie en raison de sa proximité avec le pouvoir politique, notamment lors de la crise financière.
Les jaloux peuvent envier son bilan. D’un établissement public englué en 1993 dans la crise immobilière, Michel Pébereau a fait la première banque de la zone euro, dégageant 2,6 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre 2011. Le gestionnaire sait se muer en aventurier, avec l’OPA hostile sur Paribas en 2000, qui a fait changer le groupe de dimension dans les métiers de gros, puis le rachat de Fortis au plus fort de la crise financière. Restent en revanche, au rayon des regrets, les rachats manqués du CIC, de la Société Générale et du Crédit Lyonnais. BNP Paribas demeure ainsi le plus petit des grands réseaux bancaires dans l’Hexagone.
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