BNP Paribas s’approche de la taille critique en Pologne
BNP Paribas sera parvenu à ses fins en Pologne. A défaut de s'être emparé de Zachodni et Polbank (remportés par Santander en 2010 et Raiffeisen début 2012), le groupe a annoncé hier l’acquisition de BGZ, filiale de Rabobank. Il va débourser 4,2 milliards de zlotys (un milliard d’euros) en numéraire pour reprendre 98,5% de son capital, détenus par le «Crédit Agricole néerlandais». L’opération devrait avoir un impact négatif de 15 points de base sur le ratio de fonds propres durs sous Bâle 3.
BNP Paribas lorgne la Pologne depuis plusieurs années, attiré par la taille de son marché et le dynamisme du pays, qui maintient un taux de croissance de 2 à 3% malgré la crise. Il était déjà présent à travers ses activités de corporate banking (financement de l’export, gestion de trésorerie, etc.) et sa banque privée, tandis que l’acquisition de Fortis Banque en 2009 lui a permis d’ajouter la banque de détail et le crédit à la consommation.
Mais avec 1,5% de part de marché, BNP Paribas Polska demeurait trop faible pour espérer tenir durablement. «En combinant BGZ et notre filiale, le groupe atteindra une part de marché très proche de 5% et deviendra la septième banque de Pologne», indique Stefaan Decraene, responsable de la banque de détail internationale chez BNP Paribas.
BGZ emploie 5.500 salariés (2.700 pour BNP Paribas Polska) dans 400 agences (contre 230). Ses encours de crédit atteignent 26 milliards de zlotys (près de 6,3 milliards d’euros) pour 25 milliards de zlotys de dépôts. BNP Paribas Polski affiche respectivement 17 et 9,8 milliards de zlotys. «BGZ est complémentaire de notre filiale polonaise et jouit d’une forte présence dans le secteur agroalimentaire, ainsi que dans la banque directe depuis qu’il a lancé Optima, poursuit le dirigeant. Ses activités seront complètement intégrées aux canaux du groupe BNP Paribas».
La Pologne est dominée par trois banques : PKO Bank Polski (banque publique), Bank Pekao (filiale d’Unicredit) et Zachodni, qui cumulent 37% des actifs. «Nous avons l’ambition, à terme, d’être la première banque derrière le trio de tête. Mais nous avons la capacité d’intégrer le podium dans les métiers du corporate banking, en profitant de notre présence dans 80 pays, et du crédit à la consommation», indique Stefaan Decraene.
Après la récente acquisition de la part de l’Etat belge dans BNP Paribas Fortis pour 3,25 milliards d’euros, BNP Paribas renoue avec la croissance externe. Une première depuis quatre ans.
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