BNP Paribas recule en bourse malgré un bénéfice en hausse de 15%
Le groupe BNP Paribas a enregistré un bénéfice net de 7,702 milliards d’euros pour 2016, en hausse de 15,1% par rapport à 2015. Ce résultat est légèrement inférieur aux 7,75 milliards du consensus établi pour Reuters par Inquiry Financial.
A 9H45, le titre perdait plus de 4% en bourse à 57,55 euros. Dans son sillage, Société générale cèdait 2,65% et Crédit agricole 1,96%, sous-performant largement le secteur bancaire européen (-0,7%).
Le produit net bancaire s'élève lui à 43,411 milliards d’euros, en hausse de 1,1%, soit légèrement mieux que les 43,238 milliards attendus en moyenne par les analystes. Le pôle Corporate and institutional banking (CIB) a bénéficié du bond des activités de courtage de taux fixes, devises et matières premières, qui a suivi l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis.
Les revenus de ce segment de marché ont progressé de près de 23%, une dynamique aussi constatée sur les produits actions. Au total, l’ensemble de la division CIB affiche pour les trois derniers mois de l’année un bénéfice avant impôts en hausse d’un peu plus de 50% à 841 millions d’euros.
Le réseau français a dévoilé les objectifs de son plan stratégique 2020, qui promet, malgré des taux d’intérêt encore très bas, une hausse continue du dividende et des profits grâce à de nouvelles économies et à la digitalisation de ses métiers.
«Le groupe prévoit d’investir trois milliards d’euros entre 2017 et 2019 dans ce programme qui générera 3,4 milliards d’euros d'économies sur la même période et 2,7 milliards d’euros d'économies annuelles récurrentes à partir de 2020 avec une contribution équilibrée de tous les pôles», explique dans un communiqué la banque de la rue d’Antin.
Concrètement, et malgré des «vents contraires» macroéconomiques et réglementaires, la banque veut offrir à ses actionnaires une croissance annuelle moyenne du résultat net de 6,5%, ce qui, avec un taux de distribution des profits porté de 45% à 50%, devrait aboutir à un dividende en hausse de 9% par an en moyenne.
Ce dernier a été fixé à 2,70 euros pour l’exercice 2016 contre 2,31 euros pour 2015. Les fonds propres seront aussi augmentés durant la période 2017-2020 et le ratio de solvabilité Common equity tier one (CET1) porté à 12%, alors qu’il s'établit actuellement à 11,5%.
Cet objectif s’avère relativement modeste comparé aux efforts consentis durant les dix dernières années.
Etant donné la cession en cours de First Hawaiin Bank, BNP Paribas peut estimer que la période d’accumulation à marche forcée de coussins de capitaux exigés par les régulateurs après la crise financière de 2008 est maintenant et pour l’essentiel derrière lui.
Sur cette base de capital élargie, le groupe bancaire table d’ici 2020 sur un retour sur fonds propres de 10% contre 9,4% actuellement, un niveau qui permet, estiment des analystes, de couvrir le coût du capital.
Pour atteindre les objectifs de son plan dans un contexte de taux d’intérêt faibles, BNP Paribas prévoit notamment d’adapter «activement» son réseau d’agences bancaires sur ses marchés domestiques (France, Belgique, Italie et Luxembourg).
Plus d'articles du même thème
-
Les banques françaises : peut-on imaginer Sisyphe heureux ?
La rechute des valorisations boursières des banques françaises depuis quelques semaines s'explique moins par la trajectoire de leurs revenus, relève Vivien Levy-Garboua, que par le niveau de leurs coûts, sensiblement plus élevés que ceux de leurs rivales. -
L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
Dans un contexte de plus en plus tendu pour la dette française, les investisseurs s'inquiètent des liens entre les banques et l'Etat. Au-delà de la détention de bons du Trésor, il n'est toutefois pas aisé de les établir avec précision. La Banque Postale et les banques mutualistes semblent malgré tout plus exposées que la Société Générale et BNP Paribas. -
Les marchés monétaires recommencent à inquiéter en zone euro
Les marchés monétaires sont longtemps restés plutôt calmes en zone euro, sous l’effet des achats de la Banque centrale européenne (BCE) en 2020-2022. Aujourd'hui, la volatilité sur les taux interbancaires fait ressurgir le spectre d’une instabilité financière.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Worldline s'assure une place dans la course à l'agentique
- La France a encore des raisons de croire en son économie
- Les banques européennes chutent avec le rebond des taux souverains
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
- La folie IA pousse l'ingénierie financière dans ses retranchements
Contenu de nos partenaires
-
Opération séductionPrésidentielle : à la conquête de la Gen Z
Le mouvement lycéen a fait irruption dans la campagne, plaçant la jeunesse au cœur du débat. Le défi est de séduire une génération plurielle, revendicative et marquée par une forte abstention -
EditorialBudget 2027 : en finir avec le simulacre
Ce simulacre tournera-t-il au massacre ? Eviter le krach financier est désormais l'unique ambition de Matignon. A raison -
Chevalier blancPourquoi l'Etat monte au capital du groupe minier Eramet
L'Agence des participations de l'Etat (APE) va devenir premier actionnaire du groupe minier à l'occasion de sa prochaine augmentation de capital