BNP Paribas rassure pour son avenir dans un contexte incertain
Depuis la vente de sa filiale Klépierre à Simon Property en mars dernier, l’on savait BNP Paribas en bonne voie de devancer le calendrier de l’Autorité bancaire européenne (EBA) et de son propre plan d’adaptation en termes de ratio de fonds propres common equity tier one (CET1, la future norme de solvabilité sous Bâle 3).
Dans ses comptes du deuxième trimestre, publiés hier, la banque affiche un CET1 de 8,9% au 30 juin, pour objectif de 9% fin 2012. Le niveau de fonds propres atteint par BNP Paribas selon les critères de Bâle 3 correspond à un ratio de 10,9% en normes Bâle 2.5 (lesquelles s’appliquent actuellement), soit 50 pb de plus qu’au premier trimestre.
Cet objectif a été atteint notamment grâce à la réduction des encours pondérés des risques à travers des cessions de portefeuilles d’actifs: 90% de l’objectif fixé pour l’exercice 2012 a été réalisé. Les pertes totales résultant des cessions de crédits devraient finalement être deux fois moins élevées que prévu (moins de 400 millions d’euros). Elles atteignent pour l’instant 151 millions d’euros. Au seul deuxième trimestre, ces cessions ont généré un résultat exceptionnel de 75 millions d’euros. «Cette performance confirme la qualité des fondamentaux du groupe et lui donne une marge de manœuvre importante dans un environnement encore délicat», estiment les analystes actions de Natixis.
Les métiers ont également envoyé des signes rassurants aux marchés, attestant que «le deleveraging [se révèle] moins pénalisant que prévu», estiment les analystes d’Oddo Securities. Le coût du risque est resté bien orienté, malgré une hausse d’un trimestre à l’autre chez BNL en Italie, du fait du contexte économique. «Le coût du risque a progressé en Italie [+6 pb, à 112 pb], mais la bonne surprise vient du fait que l’on ne note pas de détérioration sensible de la qualité des actifs. [… ] La baisse du coût du risque chez BancWest est excellente», souligne Benoît Pétrarque, analyste chez Kepler. La filiale américaine affiche en effet un coût du risque de 32 pb, contre 46 au premier trimestre –bien loin des 310 pb de 2009.
Bémol, la banque de financement et d’investissement (BFI) a souffert sur les marchés: ses revenus reculent de 46% en actions et conseil par rapport au deuxième trimestre 2011, de 25% sur les produits de taux et de 15% dans le financement. La BFI se permet néanmoins de reprendre des provisions, comme l’atteste son coût du risque négatif de -24 pb.
Plus d'articles du même thème
-
Anne-Laurence Roucher : «Je ne joue pas un rôle au travail»
Podcast - Anne-Laurence Roucher, la nouvelle responsable groupe des actifs non cotés d’Edmond de Rothschild Asset Management, est l'invitée de Haute Fréquence. -
Eurazeo enregistre un repli de 10% de sa collecte tiers sur neuf mois en 2026
Le groupe français, dirigé désormais par une seule tête en la personne de Christophe Bavière, a pour ambition de changer d'échelle et d'achever sa bascule vers un modèle asset-light en réduisant le poids du bilan. -
Santander AM renforce son équipe actions et la regroupe en Espagne
Le gestionnaire d’actifs espagnol a notamment annoncé l’arrivée de Verónica Pérez-Campanero.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
Contenu de nos partenaires
-
Droit dans ses bottesBudget : le gouvernement refuse de modifier ses hypothèses pour 2026
Malgré les doutes exprimés par le Haut Conseil des finances publiques, Roland Lescure et David Amiel ont maintenu l'objectif de déficit à 5,4 % en 2026 dans le projet de loi de finances de fin de gestion, en dépit de la panne de croissance du troisième trimestre -
Come backJeunes, pouvoir d'achat : les syndicats à la manœuvre
Après avoir été doublées par les lycéens, les centrales sortent de l’ombre et prennent la colère sociale en main, bien décidées à occuper le terrain face à un pouvoir politique affaibli -
Pourquoi le pouvoir d’achat des cadres dégringole
Les cadres continuent de perdre du pouvoir d'achat, selon le dernier relevé de l'Apec