BNP Paribas publie un résultat meilleur que prévu grâce aux métiers spécialisés
BNP Paribas a publié mercredi des revenus et un résultat net meilleurs que prévu, au titre du deuxième trimestre, la stabilisation de la banque de détail en zone euro et la forte croissance des services financiers spécialisés ayant contrebalancé la baisse de l’activité de banque de financement et d’investissement (BFI).
La banque de la rue d’Antin, à Paris, qui a donné le coup d’envoi de la «saison des trimestriels» dans le secteur bancaire français, a clos la période d’avril à juin sur un bénéfice net part du groupe de 2,4 milliards d’euros, quasi stable (-0,1%) par rapport à la même période de l’exercice précédent, pour un PNB (produit net bancaire) en progression de 2,5%, à 11,2 milliards. Les analystes interrogés par FactSet anticipaient un résultat net de 2,07 milliards d’euros, et un PNB de 10,9 milliards.
Au chapitre de la solvabilité, le groupe affichait au 30 juin un ratio de solvabilité CET1 de 11,5%, contre 11,6% à la fin mars. «BNP Paribas réalise ce trimestre une performance solide», a estimé dans un communiqué Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général de BNP Paribas.
DE NETTES DISPARITES SELON LES METIERS
Ces performances d’ensemble masquent de nettes disparités entre les différents métiers. Le PNB du pôle «marchés domestiques», qui comprend notamment la banque de détail en France, en Italie et en Belgique, a légèrement reculé, de 0,3%. La faiblesse des taux d’intérêt au sein de la zone euro continue de peser sur les revenus nets d’intérêt mais cet effet a été atténué par la hausse de 5,2% des volumes de crédits, portée par la croissance économique européenne. Revers positif des taux bas, la solvabilité des ménages et des entreprises s’est encore améliorée, d’où un coût du risque (provisions pour risque de crédits impayés) en chute de 42,5% (et de 14,4% à l’échelle du groupe).
Les services financiers spécialisés ont continué à jouer leur rôle de moteur de croissance, avec un PNB qui a grimpé de 8,7% au deuxième trimestre. Cette division inclut notamment le crédit à la consommation, un métier qui bénéficie de la faiblesse des taux, ainsi que l’assurance et la banque de détail sur les marchés émergents, des activités toujours dynamiques.
A l’opposé, le PNB de la BFI a fléchi de 6,8%, grevé par des taux de change défavorables et par des marchés financiers peu porteurs. La baisse de 10% du dollar face à l’euro, d’avril à juin, a élagué de près de 5% les revenus de «corporate banking» (banque de financement et conseil en fusions-acquisitions), libellés à hauteur de 40% environ dans la devise américaine. Au total, le PNB du «corporate banking» a chuté de 13%.
Celui des activités de marchés a reculé de 5%, lesté par le plongeon de 17,4% des revenus du «fixed income» (taux, changes, matières premières). La réaffirmation, par la Banque centrale européenne, qu’elle ne relèverait pas ses taux avant longtemps a découragé les clients de se positionner ou de se couvrir face à un éventuel resserrement de la politique monétaire européenne. Cette atonie sur le marché européen des taux contraste avec celle observée aux Etats-Unis, et qui a conduit la plupart des banques américaines à surprendre agréablement dans le «fixed income» au deuxième trimestre.
Si l’évolution de la BFI est la plus difficile à prédire, BNP Paribas table en revanche sur une hausse de 5% à 10% des revenus des services financiers spécialisés pour le reste de l’année, et sur une poursuite de la stabilisation de l’activité dans son pôle «marchés domestiques».
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