BNP Paribas Fortis passe sous le contrôle intégral de la banque française
Le gouvernement belge et BNP Paribas ont tourné hier soir ensemble outre-Quiévrain une nouvelle page de l’héritage de la crise financière. Dans un communiqué commun, ils ont en effet dévoilé un accord sur la cession à BNP Paribas de la part de 25% du capital de BNP Paribas Fortis détenue par l’Etat belge.
Pour un montant de 3,25 milliards d’euros, BNP Paribas monte ainsi à 100% du capital de sa filiale. Il s’agit bien là comme le souligne une porte-parole de l’acquéreur d’une «suite assez naturelle», un sentiment partagé par le Premier ministre belge Elio Di Rupo et le ministre des Finances Koen Geens, selon lesquels «le moment était venu» alors que les objectifs fixés en 2008 lors de la prise de participation «ont été pleinement atteints», BNP Paribas Fortis ayant «tenu ses engagements malgré un contexte difficile».
Les parties n’ont pas manqué de souligner que cette évolution de l’actionnariat ne devait entraîner aucune évolution dans la gestion de la banque. En particulier, le plan stratégique «Bank for the future» dévoilé en mars dernier sera poursuivi. Et «la gouvernance de BNP Paribas Fortis continuera de refléter l’identité belge de l’institution», ce qui passe par «une représentation appropriée» de membres indépendants belges au conseil d’administration de la filiale «jusqu’en 2020» et par «le maintien en Belgique de centres d’expertise», comme la gestion de trésorerie ou l’affacturage. L’Etat belge demeure en outre un actionnaire de référence de BNP Paribas, avec 10,3% du capital. Le directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, a salué la «stabilité» ayant pu être garantie par le «partenariat avec l’Etat belge».
En termes d’impact financier de la transaction, dont la date de finalisation n’est pas précisée, les ministres belges se félicitent de l’aide apportée au respect des objectifs de l’Etat en matière de dette publique. L’Etat engrange un gain en capital voisin de 900 millions d’euros.
BNP Paribas, de son côté, estime que l’opération aura un impact négatif de 0,5 point sur son ratio «common equity tier 1 Bâle 3», qui était de 10,8% à fin septembre (en hausse de 0,4 point sur le troisième trimestre). La banque française mise tout de même sur une relution voisine de 3% sur le bénéfice net par action 2013 pro forma.
Plus d'articles du même thème
-
Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
L’introduction hors norme sur le Nasdaq de SpaceX a attiré une demande plus de 4 fois supérieure à l’offre avec une hausse de près de 20% de l’action à la première cotation. D’autres méga-IPO vont inonder le marché, avec des airs de déjà-vu et un parfum de bulle spéculative. -
« La croissance des bénéfices dans l’UE devrait être inférieure au consensus »
Michele Morganti, stratégiste actions senior chez Generali Investments -
«Nous adoptons une neutralité de prudence plus que de conviction sur les actions»
Philippe Perrody, directeur de la gestion diversifiée et allocation d’actifs, actifs cotés chez Sienna.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreLa solidarité mondiale a besoin d’un nouveau modèle : la France peut continuer à ouvrir la voie
Face au repli des grandes puissances sur l’aide au développement, la France doit impulser un nouveau mouvement pour ranimer la solidarité mondiale, estiment dans cette tribune Philippe Douste-Blazy, Elisabeth Moreno et Yann Borgstedt -
Anthropic contraint de suspendre l’accès à son modèle d’IA Fable sur injonction de la Maison-Blanche
Le géant de l'IA a suspendu, vendredi 12 juin, l’accès à ses modèles Fable 5 et Mythos 5 après une injonction des autorités américaines. En Europe, cette décision relance le débat sur la dépendance du continent aux modèles d’IA venus des Etats-Unis -
Feu rougeFin du coup de pouce à la pompe pour les automobilistes allemands
La ristourne fiscale de 17 centimes par litre de carburant prendra fin le 30 juin. La coalition droite-gauche du chancelier Merz étudie des alternatives pour redonner du pouvoir d'achat aux Allemands