BNP Paribas ferme le robinet du crédit immobilier, à contre-courant du marché
C’est désormais une tendance de fond chez BNP Paribas. Après la baisse des encours de crédits à la consommation et aux entreprises en 2012, les prêts immobiliers de sa banque de détail en France refluent depuis douze mois. Au troisième trimestre 2013, le stock des crédits hypothécaires recule de 0,7% sur trois mois et de 1,9 % sur un an. A l’échelle du marché, l’encours de prêts à l’habitat reste pourtant en croissance annuelle de 3,2% à fin août, selon la Banque de France. Son enquête auprès des banques sur la distribution de crédit montre également un regain de la demande des ménages pour ce produit, depuis avril dernier.
«Les besoins de financements sont bien honorés mais nous constatons une baisse de la demande de crédit en France, notamment des financements d’investissement, assurait le 31 octobre à L’Agefi Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas, en commentant les résultats du trimestre. Les grandes entreprises et les midcaps ont également de plus en plus recours à des financements désintermédiés», via des émissions obligataires. Ces clients sont toutefois plutôt suivis par la BFI, alors que les PME se plaignent de la frilosité des banques de l’Hexagone.
BNP Paribas améliore en tout cas sa situation de liquidité en France, avec un ratio de prêts sur dépôts tombé à 115% à fin septembre, contre 132% fin 2011. Cela résulte de l’érosion des encours de crédit du réseau domestique, tombés à 145,2 milliards d’euros fin septembre 2013 (-1,7 sur un an), alors qu’ils se maintenaient encore à 150 milliards au premier semestre 2012.
En parallèle, les dépôts ont progressé de 12 milliards d’euros depuis fin 2011, pour atteindre 125,8 milliards. Les taux bas et la baisse de la rémunération du Livret A favorisent les dépôts à vue, mais aussi des comptes d’épargne, au détriment des OPCVM monétaires (hors bilan). BNP Paribas ne précise pas le montant collecté par sa nouvelle offre en ligne Hello Bank, ni celui de sa petite quote-part des 30 milliards d’euros d’encours du Livret A transférés en août de la Caisse des dépôts aux banques.
En tout cas, la hausse des revenus d’intérêt (+2,7% sur un an) soutient le produit net bancaire du réseau français au troisième trimestre, «étonnamment en hausse de 1,3% sur un an», pointent les analystes de Natixis. Le résultat avant impôt du pôle reste stable, à 459 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
ArcelorMittal vend 10% du capital de Vallourec
L'opération est réalisée avec une décote par rapport au cours de clôture du 18 mai. L'aciériste demeure le premier actionnaire du parapétrolier avec plus de 17% du capital. -
OpenAI remporte la bataille judiciaire face à Elon Musk
Cette victoire ouvre la voie à une introduction en Bourse du créateur de ChatGPT alors que le fondateur de SpaceX l'accusait d'avoir dévié de sa mission à but non lucratif originelle. -
Mistral acquiert Emmi AI, précurseur dans l’IA appliquée à l’ingénierie industrielle
En achetant la start-up autrichienne, Mistral AI compte développer une suite complète d'IA pour l'ingénierie industrielle, qui visera des secteurs clés comme la défense, l’aérospatial et l’automobile.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- La Chine et les Etats-Unis mesurent leurs forces
Contenu de nos partenaires
-
Périscolaire à Paris : les animateurs en grève, 200 à 300 écoles impactées ce mardi
Les animateurs des écoles de la capitale sont appelés à la grève et à manifester, mardi 19 mai. Ils dénoncent « la politique de répression » de la municipalité de Paris face au scandale des agressions sexuelles dans le périscolaire -
Souriez, vous êtes monitorés
Longtemps cantonnés au monde du fitness, les smart devices se sont invités dans notre quotidien. Calcul du score de sommeil, nombre de pas quotidiens, variabilité cardiaque… la santé préventive et son avalanche data obsèdent plus que jamais les CSP+. -
L'Union européenne dégaine ses mesures face à l'envolée du prix des engrais
Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse