BNP Paribas fait son entrée sur le marché des AT1
BNP Paribas signe son entrée sur le marché du capital contingent. Sur un marché primaire du crédit rendu un peu plus difficile ces dernières semaines par la tension sur les taux en zone euro, la banque a placé hier ses premiers titres «additional tier one». Elle a mis à prix 750 millions d’euros d’obligations perpétuelles afin de muscler ses fonds propres. La valeur des titres sera effacée de manière partielle temporaire si le ratio de solvabilité (common equity tier one, CET1) du groupe venait à passer sous les 5,125%. Cette structure est assez courante chez les émetteurs bancaires français, rappellent les analystes de CreditSights. Ces instruments dits «low-trigger», à seuil de déclenchement bas, ne pourront être rachetés par anticipation avant 7 ans.
Proposés à un rendement indicatif de 6,25%, les instruments ont finalement été vendus à 6,125%. Aux côtés de la banque française, ABN Amro, Banca IMI, Barclays, Danske, ING, Lloyds Bank, RBS et Santander se sont chargés du placement.
En présentant aux investisseurs cette émission inaugurale, BNP Paribas leur a promis de placer chaque année entre 1 et 2 milliards d’euros d’AT1 d’ici au 1er janvier 2019. Ils pourront se substituer progressivement aux actuels titres Tier 1 jouissant d’une clause de «grand-père» pour le calcul de la solvabilité réglementaire du groupe. A fin mars 2015, la banque affichait un ratio CET1 de 10,5%, ce qui représente un coussin de 34 milliards d’euros de capitaux avant que la valeur nominale de ses CoCos puisse être dépréciée.
Cet emprunt pourrait aussi réveiller le marché des instruments de capital contingent en Europe, qui a tourné au ralenti au printemps. Début juin, Santander a émis un AT1 rare, libellé en sterling, de 750 millions de livres, alors que la banque espagnole est une signature déjà bien installée sur le marché des CoCos en euros. Quant à Bank of Ireland, elle a mené ces deux derniers jours des présentations aux investisseurs avec l’aide de Deutsche Bank et d’UBS pour un emprunt AT1 en euros. L’opération constituera un bon test de l’appétit des investisseurs pour ce type d’actifs, compte tenu des difficultés rencontrées par les banques irlandaises durant la crise financière.
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