BNP Paribas Assurance mise sur l'étranger

La filiale a profité d’un effet périmètre important notamment en Europe et en Asie. Le dossier BNL Vita devrait aboutir prochainement
Antoine Landrot

Acteur de taille moyenne en France, BNP Paribas Assurance pousse ses pions à l’étranger. L’activité en dehors de France a pesé près de 50% du chiffre d’affaires (ou collecte brute) 2010, progressant de 43% (à 12,2 milliards d’euros).

Ses participations dans AG Insurance en Belgique et Fortis Luxembourg Vie, héritées du démantèlement de Fortis en 2009, lui ont permis de collecter respectivement 1,8 et 2,1 milliards d’euros. L’Italie, le deuxième marché du groupe (3,2 milliards d’euros) a joué un rôle important dans l’activité protection, à travers le lancement du partenariat entre Ageas (ex-Fortis Holdings), Cardif et UBI Assicurazioni sur la partie dommages. Dans l’activité vie, la possibilité d’acquérir les 51% de BNL Vita détenus par Unipol, sur lesquels BNP Paribas Assurance détient une option d’achat, laisse entrevoir des perspectives encourageantes. «Nous avons accéléré le processus et devrions aboutir d’ici au mois de juillet. Il n’y a, a priori, pas d’incertitude», indique Eric Lombard, son PDG.

En Asie, BNP Paribas Assurance a également tiré les fruits des sociétés communes en épargne créées avec TCB, le premier réseau à Taïwan, et Shinhan, la deuxième banque coréenne. Concernant l’Amérique du Sud, le Chili et le Brésil ont contribué à la croissance de 38% du chiffre d’affaires en protection.

Ce profil est de bon augure pour l’avenir, dans un contexte français difficile. En effet, les banques françaises réorientent leurs efforts commerciaux vers l’épargne de bilan, au détriment des produits assurantiels en prévision de l’application des ratios de liquidité de Bâle 3. C’est l’une des deux raisons invoquées par Eric Lombard pour expliquer le recul de 9% de la collecte nette de l’épargne en janvier et février cette année – dans un marché en baisse de 12%. En 2010, la collecte nette recule dans les mêmes proportions par rapport à 2009, à 4,3 milliards d’euros. Le second facteur est le haut degré d’incertitude fiscale concernant l’assurance-vie, qui encourage l’attentisme des banques privées notamment.

Conséquence de son orientation internationale, BNP Paribas Assurance devrait être l’acteur français le plus exposé au séisme japonais, a reconnu Eric Lombard, dans l’attente d’estimations chiffrées. «La hausse de la sinistralité sera couverte par les provisions prises sur place. Le séisme n’aura pas d’impact sur les comptes», nuance-t-il. Le résultat avant impôt du groupe a crû de 47% à 814 millions d’euros.

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