BNP Paribas anticipe Bâle III dans ses comptes 2009
Anticipant les conséquences des travaux du Comité de Bâle pour le secteur bancaire, BNP Paribas prend le taureau par les cornes en s’appuyant sur des comptes 2009 particulièrement solides. L’établissement va ainsi consacrer au moins 68 % de son bénéfice net enregistré l’année dernière (5,8 milliards d’euros, en hausse de 93 % par rapport à 2008) au renforcement de ses fonds propres. Ce taux est voué à augmenter selon la proportion d’actionnaires choisissant de recevoir leurs dividendes (1,5 euro par action, contre 0,97 en 2008 et 3,26 en 2007) en titres.
BNP Paribas affiche ainsi une solidité convaincante: ses fonds propres réglementaires purs – hors hybrides – atteignent 49,6 milliards d’euros au 31 décembre 2009. Soit un ratio core tier one de 8% (contre 5,4% fin 2008). Ils augmentent de... 70% (20,6 milliards) par rapport au 31 décembre 2008. En dehors des 4 milliards provenant de ses bénéfices, 5,2 milliards sont issus de son augmentation de capital et 10,8 milliards de l’intégration des activités acquises auprès de Fortis. Le ratio tier one (incluant les fonds propres hybrides) atteint 10,1%.
Cette politique répond au contexte actuel: dans le cadre de la prochaine génération de règles prudentielles, dites de «Bâle III», le Comité de Bâle veut imposer des ratios d’endettement et de liquidité, et rendre plus strict le calcul des fonds propres. «A 10,8%, notre rendement sur fonds propres [RoE] en 2009 est inférieur de moitié à celui d’avant la crise. Nous avons fait des efforts importants pour répondre aux exigences des régulateurs», insiste Baudouin Prot, directeur général de l’établissement.
Dans cette logique, BNP Paribas a fortement réduit son profil de risque. Le montant de ses actifs pondérés (621 milliards d’euros au 31 décembre) a été réduit de 73 milliards d’euros depuis le début de l’année, dont 48 milliards pour sa banque de financement et d’investissement (BFI).
L’effort a beaucoup porté sur la BFI, attestant d’un nettoyage efficace de ses portefeuilles. Son coût du risque (dotations nettes/actifs pondérés) atteint 58 points de base (pb) au quatrième trimestre, contre un sommet à 121 au deuxième. L’effet est particulièrement notable dans les activités de marchés: le coût du risque est passé de 76 pb fin 2008 à… 7 pb un an plus tard. A l’échelle du groupe, il est passé de 180 à 124 pb pendant la même période.
Dans la même veine, l’établissement a notablement réduit le poids des actifs de marché dans son bilan. Son livre de trading (qui regroupe les actifs comptabilisés en juste valeur, notamment les dérivés) a ainsi fondu de 31%, à 831 milliards d’euros, tandis que son banking book (essentiellement des crédits) bondissait de 40% à 1.227 milliards. Globalement, la taille du bilan a légèrement reculé (de 2.076 à 2.058 milliards), en partie grâce à l’effort mené sur les activités de Fortis (-107 milliards).
BNP Paribas est d’autant plus concerné par Bâle III que son activité en assurance n’est pas négligeable – le régulateur entend en effet exclure les actifs d’assurance dans le calcul des fonds propres. La collecte nette a atteint 6,3 milliards d’euros en 2009. Si le produit net bancaire (PNB) a reculé de 2,7% en 2009 (à 1,28 milliard d’euros), il s’est redressé de 68% au quatrième trimestre (à 345 millions d’euros).
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATTechnologie chinoise : 5 réalités à ne plus ignorer
Longtemps, la technologie chinoise s’est résumée, pour de nombreux investisseurs internationaux, à quelques géants de l’Internet et du commerce électronique. Cette lecture est désormais trop étroite. -
Pascale Auclair et Julien Granotier rejoignent la Commission des sanctions de l’AMF
Ils remplacent Frédéric Bompaire et Sophie Schiller, à raison de leur compétence financière et juridique. -
Francfort, on a un problème !
La dérive des taux et des spreads de la France touche par contagion l'ensemble de la zone euro. Si elle s'accentue, la BCE ne pourra rester longtemps l'arme au pied.
ETF à la Une
Arnaud Gihan (BlackRock) : « Les ETF permettent aux CGP de construire des solutions sur-mesure pour les clients »
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
- CNP Assurances pourrait souffler les contrats emprunteurs de Tégo à Allianz et AGPM Klésia
Contenu de nos partenaires
-
« Les dégâts sont minimes » : la popularité de Jordan Bardella ne décroche pas malgré les accusations
Le président du RN est toujours en tête des baromètres de popularité malgré les accusations d’antisémitisme formulées après une enquête de Mediapart. -
Seine colèreLe succès populaire de Léon XIV à Paris, le pari cynique de Jean-Luc Mélenchon
D'un côté, la ferveur lors la visite du pape à Paris et Saint-Denis, de l'autre La France insoumise qui, fidèle à sa stratégie de bordélisation, souffle sur les braises de la colère lycéenne -
Troisième acteDésindexer les retraites : faisons les comptes
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle