BlackRock abandonne le sauvetage de Carige
Retour à la case départ pour Banca Carige. BlackRock a décidé jeudi de se retirer du plan de sauvetage de la banque génoise alors que la transaction semblait imminente quelques jours plus tôt. Le numéro un mondial de la gestion d’actifs devait souscrire près de 400 millions d’euros d’émissions de titres de Carige dans le cadre d’un renforcement des fonds propres de la banque italienne de 720 millions d’euros. Les grands établissements bancaires italiens devaient, pour leur part, convertir en actions 320 millions d’euros d’obligations subordonnées convertibles de Banca Carige acquises en novembre 2018. Le comité d’investissement de BlackRock a, cependant, jugé l’opération trop risquée. Il souhaitait maintenir sa participation sous les 25% mais, sans investisseurs supplémentaires, le fonds aurait dépassé ce seuil. Par ailleurs, la situation politique en Italie, marquée par de fortes tensions au sein de la coalition gouvernementale formée par le parti d’extrême droite, la Ligue, et le parti populiste, Mouvement 5-Etoiles, aurait aussi motivé l’abandon définitif de BlackRock.
«Nous allons évaluer les autres solutions de marché destinées à garantir la stabilité et le redressement de Banca Carige», a indiqué l’établissement dans un communiqué et dans une lettre à ses actionnaires. «La banque a toutefois la possibilité d’activer une demande de recapitalisation préventive auprès du ministre de l’Economie», précise-t-elle aussi. L’arrivée d’un sauveteur privé semble néanmoins peu probable, étant donné que BlackRock était le dernier investisseur en lice après le retrait du fonds Varde Parners en avril dernier.
Le gouvernement italien se retrouve, de son côté, dans une situation délicate car ses membres ont fait campagne en critiquant l’injection d’argent public dans le secteur bancaire par les gouvernements précédents. «Je suis en faveur d’une recapitalisation, mais seulement si l’opération est entièrement gérée par l’Etat. Pourquoi l’Etat devrait-il payer si ce sont les gens du secteur privé qui gardent le contrôle de la banque ?», a commenté le sénateur Gianluigi Paragone, du Mouvement 5 Etoiles. L’Etat italien a ainsi provisionné 1 milliard d’euros pour financer l’opération le cas échéant, pour ce qui constituerait le quatrième sauvetage bancaire du pays en deux ans.
Placée sous la tutelle administrative de la BCE, Banca Carige souffre d’un important stock de créances douteuses. Son naufrage serait un désastre pour la Ligurie, région du nord-ouest de l’Italie, déjà en proie à des faillites industrielles.
Plus d'articles du même thème
-
Les résultats de Santander confirment la force de son modèle
La principale banque espagnole a confirmé l'ensemble de ses objectifs pour 2026. -
La médiation nationale du crédit veut sortir de l'ombre
Le nombre de dossiers traités par la médiation nationale du crédit reste relativement faible, au regard du contexte économique et du nombre de défaillances d'entreprises. Preuve d'une méconnaissance encore de son rôle, quand de son côté, la médiation des entreprises voit son nombre de dossiers exploser. -
Les émissions de titrisations SRT battent des records malgré la guerre
Ces opérations de transferts de risque synthétique (SRT) pourraient à nouveau battre des records en 2026. Les statistiques, tout comme les pratiques à risques, restent cependant peu documentées.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
Ramer à contre-courantBudget 2027 : un effort de 35 milliards d'euros
En 2027, les dépenses publiques bondiraient de près de 60 milliards si rien n'est fait. Le gouvernement prépare pour 2027 un redressement ambitieux -
FeuilletonMonique Barbut, la bombe qui n’en finit pas d'embarrasser Lecornu
Le chef du gouvernement doit désormais composer avec une ministre imprévisible qui a menacé de démissionner à au moins trois reprises en neuf mois. Une répétition qui a démonétisé l’arme de négociation favorite de Monique Barbut -
ArbitragesBudget : grands dilemmes et petits comptes de Jean-Pierre Farandou
A la tête du poste qui doit le plus contribuer à l'effort budgétaire, le ministre du Travail tente d’éviter une nouvelle ponction de l’Unédic et réfléchit à des coups de rabot