Bitstamp amène le trading du bitcoin dans une nouvelle ère
L’information est apparue hier sur le compte Twitter du ministre des Finances luxembourgeois Pierre Gramegna : la plate-forme de négoce Bitstamp a obtenu l’agrément d’institution de paiement (PI) auprès de la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF). Cette licence, attribuée au terme d’un processus de deux ans qui a impliqué un audit d’EY Luxembourg et une série de tests gouvernementaux, pourra être mise en oeuvre dans chacun des 28 Etats membres de l’Union européenne (UE) selon la règle du «passeport». La plate-forme est ainsi parvenue à rassurer les autorités et les régulateurs après l’intrusion informatique essuyée début 2015 qui a conduit à la perte d’environ 19.000 bitcoins.
«Dans les faits, Bitstamp est la première société bitcoin/blockchain à être totalement régulée dans l’ensemble de l’UE», se félicite l’un de ses actionnaires, le fonds Pantera Capital, qui a investi 10 millions de dollars fin 2013. L’agrément sera valable à compter du 1er juillet prochain lorsque Bitstamp exercera à partir de son nouveau siège social au Luxembourg. La société rejoindra d’autres grands noms des paiements implantés sur place tels que PayPal, Amazon Payments ou Mangopay.
Bitstamp est le quatrième acteur du trading de bitcoin au niveau mondial (en termes de volume en dollar), derrière Bitfinex, BTC-e et Coinbase, selon Bitcoin Charts. La société vient d’annoncer le lancement d’une paire euro/bitcoin afin de mieux servir les marchés européens. Le cours du bitcoin avoisine les 460 dollars pour une capitalisation totale de plus de 7 milliards de dollars.
Alors que certains de ses artisans déplorent déjà son échec, en raison d’une gouvernance défaillante et de contraintes techniques, Bitcoin est devenu une devise «normale», estime Pantera Capital. Le fonds en veut pour preuve une volatilité désormais inférieure à celle de nombreux autres actifs majeurs. Au-delà du bitcoin, l’investisseur considère que la licence octroyée à Bitstamp pourra rehausser le niveau de confiance dans les cryptomonnaies et les produits liés à la blockchain.
Ce jalon pourrait également inciter d’autres gouvernements à saisir à leur tour le sujet de la régulation et soutenir ainsi l'écosystème. Sans compter que l’Union européenne a une carte à jouer face aux Etats-Unis, où la licence doit être obtenue Etat par Etat. Le numéro un américain Coinbase n’a pas décroché de licence dans une quinzaine d’Etats.
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