BforBank reste un foyer de pertes pour le Crédit Agricole
BforBank profite bon gré mal gré des largesses de ses actionnaires. La banque en ligne du Crédit Agricole, détenue à 85% par les caisses régionales et à 15% par l’organe central CASA, a demandé fin 2019 un nouveau soutien financier. Montant de l’augmentation de capital : 30 millions d’euros, destinés à renflouer un établissement qui n’a toujours pas atteint la rentabilité depuis sa création en 2009.
Du côté de la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA), on minimise l’importance de ce nouvel appel à la générosité des actionnaires. Cet apport constitue la deuxième tranche de l’enveloppe totale de 120 millions d’euros approuvée en 2017 pour accompagner le plan stratégique de BforBank. Cette dernière avait déjà, à l’époque, consommé les 170 millions d’euros reçus depuis sa création. Sur cette rallonge de 120 millions, 55 millions ont été débloqués fin 2017, et il était prévu que le solde soit versé entre 2019 et 2022. «On est dans la ligne des budgets qui avaient été anticipés», précise un proche de la banque verte. Les montants restent modérés à l’échelle du groupe Crédit Agricole, où certains considèrent surtout BforBank comme un centre de recherche & développement.
Un modèle économique qui évolue
La banque en ligne n’a jamais semblé aussi loin d’atteindre le point mort d’exploitation. Selon la situation trimestrielle synthétique qu’elle publie au Journal officiel, elle affichait un report à nouveau négatif de 99,3 millions d’euros à fin septembre 2019. A fin 2018, ce solde était négatif de 78,5 millions, ce qui suggère une perte nette d’environ 20 millions sur neuf mois. Pour l’ensemble de l’exercice 2018, le report à nouveau négatif s’était accru de 30 millions d’euros environ.
L’écrasement des courbes de taux et leur passage en territoire négatif ne facilitent certes pas la vie d’un établissement dont le modèle économique reposait à l’origine sur la collecte d’épargne. BforBank propose du crédit immobilier depuis 2017 seulement. Fin 2018, elle a décidé de changer son image haut de gamme pour élargir sa clientèle, et a rénové l’été dernier son application mobile, que l’essor des néobanques avait rendue obsolète. L’établissement revendique 230.000 clients, et doit en gagner 200.000 en net à fin 2022 dans le cadre du plan à moyen terme du groupe Crédit Agricole. Ce qui le laisserait loin de Boursorama, d’ING, de N26 ou de Revolut.
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