Bernard Spitz rempile pour un deuxième mandat à la FFSA
La reconduction du président est proposée à l’assemblée du 21 juin, alors que le dossier fiscal risque de refaire surface en 2012
Publié le
Alexandre Garabedian
Bernard Spitz est en route pour un deuxième mandat à la tête de la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA). Le bureau d’un des deux lobbies des assureurs (l’autre étant le Gema) a décidé hier matin de proposer à l’assemblée générale du 21 juin la reconduction pour trois ans du président de la FFSA. «A l’unanimité», précise un proche.
L’unanimité, Bernard Spitz ne l’a pourtant pas toujours faite au sein de la profession depuis son entrée en fonction en 2008. L’énarque et conseiller d’Etat, qui n’était pas issu du monde de l’assurance, avait alors été recruté pour redonner aux assureurs de la visibilité dans les médias et pour sa connaissances des circuits parlementaires et ministériels. Une candidature différente était évoquée avec insistance depuis plusieurs semaines: celle de Gilles Benoist, président de l’une des deux branches de la FFSA (celle des sociétés anonymes) et directeur général de la CNP, où il sera atteint cette année par la limite d’âge. Mais Jean Azema, patron de Groupama et de la branche «mutuelles» de la FFSA, lui aurait refusé son soutien, indiquait hier La Lettre de l’Assurance, qui a révélé la reconduction de Bernard Spitz.
Selon l’un de ses membres, le bureau de la fédération a aussi choisi la continuité à l’approche des échéances électorales. «Le dossier de la fiscalité de l’assurance va refaire surface», explique un dirigeant. Alors que la collecte nette d’assurance vie est en baisse sur 2011, le secteur a échappé de justesse à un coup de rabot dans le cadre de la réforme de la fiscalité du patrimoine. Les assureurs et leurs clients ont en revanche été triplement mis à contribution dans le dernier budget au titre de la chasse aux niches fiscales.
Bernard Spitz pourra aussi mener à bien le chantier au long cours de Solvabilité 2. Un autre dossier d’envergure l’attend: celui de la réforme de la dépendance. Mais son deuxième mandat devrait aussi marquer une inflexion par rapport au premier. «Il aura une feuille de route très sociétale, avec la mise en avant de ce que la FFSA fait en matière de formation, de recrutement, de mixité et de développement durable», explique un proche. Un exemple parmi d’autres: les Universités de l’assurance, un programme lancé début 2011 par la FFSA et le Gema pour mieux faire connaître le métier aux étudiants des grandes écoles d’ingénieurs et de commerce.
Interrogé par Les Echos sur la crise de confiance «inédite» que traverse le marché du crédit privé aux Etats-Unis, Justin Muzinich, PDG de la société d’investissement Muzinich & Co, spécialisée en la matière, estime qu’il s’agit «du cycle financier habituel» où «l’abondance nourrit les excès» et certains «perdent de vue la relation entre risque et rendement». S’il estime que «des opérations méritent d'être passées au crible dans le secteur de l’assurance aux Etats-Unis», le marché du crédit privé «n’est pas assez important pour causer un risque systémique». Il ajoute que les limites de retraits imposées dans certains fonds semi-liquides vendus aux particuliers n’a rien de surprenant, les fonds ayant appliqué leurs règles de fonctionnement.
Aux Etats-Unis, la montée des actifs alternatifs met les réseaux de distribution sous pression, selon une étude de Cerulli. La formation des conseillers devient un enjeu clé auquel les sociétés de gestion doivent être en mesure de répondre.
L'institution bancaire publique salue le rôle croissant des fonds alternatifs dans la finance mondiale mais estime que l’essor des hedge funds, du private equity et du crédit privé doit être davantage sous surveillance.
Le renouvellement des instances locales du parti, en juin, devrait se traduire par un grand remplacement des cadres pro-Wauquiez par les amis du président et candidat des Républicains