Bercy précise le cadre d’investissement des assureurs dans les prêts
Le cadre d’investissement des assureurs dans les prêts à l’économie se précise. Dans la foulée du décret fondateur du 2 août qui a réformé le Code des assurances pour leur permettre de prêter aux entreprises à hauteur de 5% de leurs engagements réglementés, un arrêté est paru hier au Journal officiel. Bercy y précise cette fois les exigences en matière d’analyse du risque et des précisions sur les fonds de prêts à l’économie.
L’arrêté introduit trois nouveaux articles dans le Code des assurances. Les nouveaux fonds de prêts à l’économie créés par le décret du 2 août pourront revêtir plusieurs formes: des parts provenant d’émissions ou d’un programme «dont la valeur minimale est au moins égale à 30 millions d’euros», des obligations avec la même contrainte de taille, «des parts et des actions dans la mesure ou leur montant nominal ne représente pas plus de 0,5% en valeur du montant nominal des obligations émises par le fonds de prêts à l’économie».
Le décret prévoit par ailleurs que les assureurs décrivent dans leur rapport de contrôle interne le système d’analyse et de mesure des risques appliqué à leur investissement dans les prêts. Ce dernier devra notamment comporter une politique écrite «définissant des limites d’exposition de l’entreprise d’assurance par catégorie de crédit», une procédure de sélection et de décision impliquant au moins deux personnes, et «une procédure de suivi proportionné, sur une base trimestrielle, de l’évolution de la qualité de chacun des prêts pris individuellement, permettant de déterminer en tant que de besoin les niveaux appropriés de dépréciations à apporter». Si la gestion est déléguée à une société, la compagnie «demeure pleinement responsable du respect des obligations qui lui incombent».
L’arrivée des assureurs sur le marché des prêts aux entreprises, dictée par le mouvement de désintermédiation bancaire, fait consensus. Mais pas à n’importe quelles conditions. Si certains acteurs, comme Axa, ont structuré depuis des années des capacités d’analyse crédit, d’autres sont totalement novices. Et risquent de ne pas faire preuve de toute la sélectivité nécessaire en ces temps de ruée vers les actifs offrant un peu de rendement. C’est aussi l’enjeu des travaux de place sur la rédaction d’un code de bonnes pratiques pour les placements privés de type Euro PP.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Tchao PantinAvec Rima Hassan et Bally Bagayoko, la « Nouvelle France » avance désormais sans Jean-Luc Mélenchon
Lors d’un meeting-concert dédié à la Palestine, qui avait lieu mercredi soir à Strasbourg, l’eurodéputée et le maire de Saint-Denis ont prouvé qu’ils n’avaient plus besoin du paterfamilias de LFI pour « abattre la citadelle » -
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs