BBVA devient à bon compte le premier actionnaire de la banque turque Garanti

La banque espagnole va toutefois passer une charge exceptionnelle d’1,8 milliard d’euros à fin juin, liée à la baisse de la livre turque.
Amélie Laurin

La dévaluation de la livre turque face à l’euro est à double tranchant pour BBVA. La banque espagnole a annoncé lundi une charge exceptionnelle d’1,8 milliard d’euros dans ses comptes du deuxième trimestre qui seront publiés vendredi. Supérieure au bénéfice du groupe au premier trimestre, elle correspond à la dépréciation de sa participation dans la banque turque Garanti.

BBVA vient en effet de porter sa détention de 25,01 à 39,9% pour devenir, à bon prix, le premier actionnaire du groupe. Dévoilée en novembre dernier, l’opération lui coûte 5,48 milliards de livres turques, soit 1,85 milliard d’euros et bien moins que les 2,5 milliards d’euros estimés à l’époque par les analystes de CM-CIC. Et encore moins que les 4,2 milliards d’euros déboursés en 2010 pour 24,9% du capital de Garanti. Entretemps, la valorisation de la banque est passée d’environ 16,9 milliards d’euros à 12,4 milliards, selon nos calculs, soit une décote de 26%. Toutefois, la capitalisation boursière de Garanti avoisine seulement 10,8 milliards d’euros aujourd’hui.

En cinq ans, le cours livre/euro a reculé d’un tiers mais BBVA croit au potentiel du pays et à ses 75 millions de consommateurs. Sa recherche économique table sur une croissance annuelle du PIB de 4% en moyenne jusqu’en 2024. L’accord de 2010 prévoyait que la banque espagnole puisse racheter, au bout de 5 ans, 1% supplémentaire du capital de Garanti détenu par le conglomérat turc Dogus. Elle fait finalement un bond de 14,89%, tandis que son partenaire voit sa part ramenée à 10%. En 2010, ce dernier avait déjà cédé 6,3% du capital à BBVA, lors du rachat de la participation de General Electric.

Ces dernières années, Garanti est restée la troisième banque du pays et la deuxième à capitaux privés, avec un total de bilan de 100,9 milliards de dollars à fin mars. Elle se situe en quatrième position par le nombre d’agences à fin 2014, selon les chiffres de l’Association des banques de Turquie, mais Garanti revendique de solides positions dans la banque en ligne (23% du volume de transactions) et mobile (30% de parts de marché).

Assez stable depuis le rachat de DenizBank par Sberbank en 2012, le marché bancaire turc pourrait connaître une nouvelle consolidation. HSBC aurait choisi ING comme repreneur de sa filiale locale déficitaire, selon Reuters. Le groupe néerlandais débourserait 700 à 750 millions d’euros pour racheter la douzième banque du pays et doubler ainsi ses positions.

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