Barclays voit grossir son risque de réputation

Libor, assurance emprunteur, mévente de swaps : depuis juin 2011, la banque a dû payer 2,7 milliards de livres en amendes et dédommagements divers
Alexandre Garabedian

Des résultats trimestriels que Barclays a publiés mercredi, les investisseurs ont surtout retenu la partie des annexes relatives au risque juridique. Déjà à l’origine du scandale du Libor, la banque britannique a confessé être visée par deux nouvelles enquêtes, l’une du Département américain de la justice (DOJ) et de la SEC, l’autre de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC), le régulateur de l’énergie aux Etats-Unis. Des révélations qui ont fait perdre 4,7% au titre dans la journée.

L’enquête du DOJ et de la Securities Exchange Commission vise à savoir «si les relations du groupe avec des tiers qui aident Barclays à gagner des affaires ou à les garder sont conformes» à la loi américaine sur les pratiques anticorruption avec des éléments étrangers. Barclays, qui dit coopérer pleinement, n’en a pas dit plus sur l’affaire, mais celle-ci concernerait les commissions payées au fonds souverain du Qatar lorsque ce dernier a soutenu la recapitalisation de la banque en 2008. Un dossier qui fait déjà l’objet d’une enquête au Royaume-Uni.

La FERC, pour sa part, reproche à quatre traders de Barclays de s’être accordés pour manipuler les prix sur les marchés de l’électricité aux Etats-Unis à plusieurs reprises entre novembre 2006 et décembre 2008. Elle menace Barclays d’une amende record de 470 millions de dollars. Le groupe entend «se défendre vigoureusement». Le régulateur américain de l’énergie a annoncé cette année plus d’une dizaine d’enquêtes pour manipulation présumée des cours, ciblant notamment Constellation Energy, qui a accepté de verser 245 millions de dollars, et JPMorgan.

Le risque juridique s’est aussi matérialisé dans les comptes du troisième trimestre pour Barclays. Le groupe a dû passer une provision supplémentaire de 700 millions de livres liée à la mévente de contrats d’assurance emprunteur (PPI), un dossier qui empoisonne l’ensemble des prêteurs britanniques. La facture du PPI atteint désormais 2 milliards pour la banque. Si l’on y ajoute la charge de 450 millions, enregistrée au deuxième trimestre, pour vente abusive de swaps à des entreprises, et les amendes relatives au Libor (290 millions), les «affaires» ont déjà coûté au groupe 2,74 milliards de livres (3,4 milliards d’euros) depuis le deuxième trimestre 2011.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...