Barclays voit grossir son risque de réputation
Des résultats trimestriels que Barclays a publiés mercredi, les investisseurs ont surtout retenu la partie des annexes relatives au risque juridique. Déjà à l’origine du scandale du Libor, la banque britannique a confessé être visée par deux nouvelles enquêtes, l’une du Département américain de la justice (DOJ) et de la SEC, l’autre de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC), le régulateur de l’énergie aux Etats-Unis. Des révélations qui ont fait perdre 4,7% au titre dans la journée.
L’enquête du DOJ et de la Securities Exchange Commission vise à savoir «si les relations du groupe avec des tiers qui aident Barclays à gagner des affaires ou à les garder sont conformes» à la loi américaine sur les pratiques anticorruption avec des éléments étrangers. Barclays, qui dit coopérer pleinement, n’en a pas dit plus sur l’affaire, mais celle-ci concernerait les commissions payées au fonds souverain du Qatar lorsque ce dernier a soutenu la recapitalisation de la banque en 2008. Un dossier qui fait déjà l’objet d’une enquête au Royaume-Uni.
La FERC, pour sa part, reproche à quatre traders de Barclays de s’être accordés pour manipuler les prix sur les marchés de l’électricité aux Etats-Unis à plusieurs reprises entre novembre 2006 et décembre 2008. Elle menace Barclays d’une amende record de 470 millions de dollars. Le groupe entend «se défendre vigoureusement». Le régulateur américain de l’énergie a annoncé cette année plus d’une dizaine d’enquêtes pour manipulation présumée des cours, ciblant notamment Constellation Energy, qui a accepté de verser 245 millions de dollars, et JPMorgan.
Le risque juridique s’est aussi matérialisé dans les comptes du troisième trimestre pour Barclays. Le groupe a dû passer une provision supplémentaire de 700 millions de livres liée à la mévente de contrats d’assurance emprunteur (PPI), un dossier qui empoisonne l’ensemble des prêteurs britanniques. La facture du PPI atteint désormais 2 milliards pour la banque. Si l’on y ajoute la charge de 450 millions, enregistrée au deuxième trimestre, pour vente abusive de swaps à des entreprises, et les amendes relatives au Libor (290 millions), les «affaires» ont déjà coûté au groupe 2,74 milliards de livres (3,4 milliards d’euros) depuis le deuxième trimestre 2011.
Plus d'articles du même thème
-
Pimco s’attaque aux placements privés
Pimco, qui gère 2.300 milliards de dollars et s’est historiquement concentré sur les titres obligataires cotés en Bourse, a conduit ces derniers mois une série de transactions par placement privé, en prenant des positions importantes dans des opérations très médiatisées, rapporte le Financial Times. Parmi celles-ci figurent le financement de dette en temps de guerre pour des gouvernements du Moyen-Orient, un prêt à un fonds de crédit privé de Blue Owl dont les actions avaient chuté, ainsi qu’une contribution majeure au financement de gigantesques projets de centres de données pour Meta et Oracle. -
Alecta adopte une stratégie d’investissement climatique dans les pays émergents
Le plus grand fonds de pension de Suède vient de confier un mandat de gestion à impact dans les pays émergents à la société de gestion responsAbility Investments AG. -
Alice Pizza passe à une nouvelle recette capitalistique
Dans le cadre de ce tour de table, Quadrivio & Pambianco, Capdesia et CVC remplacent Green Arrow Capital et la famille fondatrice.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Première bougie pour Antonio Filosa chez Stellantis, mais l’étincelle reste à venir
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
Think againQuand la justice française pousse TotalEnergies à quitter la France
En condamnant la compagnie pétrolière à inclure la consommation de ses clients dans le calcul de ses émissions de CO2, la justice la pousse à fermer ses stations-service en France, et montre à ses dirigeants la porte de l'expatriation -
Guerre en Ukraine : Poutine dit attendre la venue des négociateurs américains
« Nous attendons, une fois tous les événements terminés et la phase chaude sur le dossier iranien achevée, la venue de ces représentants de l'administration américaine que nous avons déjà rencontrés à Moscou », a déclaré Vladimir Poutine, dimanche 28 juin -
Les Etats-Unis et l'Iran acceptent de cesser leurs attaques et de se rencontrer mardi au Qatar
Un responsable américain a affirmé au média Axios que Washington et Téhéran cessaient leurs attaques « pour le moment » et que les navires pouvaient « circuler librement » dans le détroit d'Ormuz. Une autre source a annoncé qu'une rencontre entre les deux parties était prévue ce mardi 30 juin au Qatar