Barclays est rattrapée par ses liens avec le Qatar
L’enquête sur les augmentations de capital de Barclays de 2008, souscrites par Qatar Holding, refait surface. La Financial Conduct Authority (FCA), le gendarme britannique des marchés, a envoyé vendredi dernier deux notes d’avertissement à la holding Barclays plc et à sa filiale Barclays Bank, dans lesquelles elle menace le groupe d’une amende de 50 millions de livres sterling (59,6 millions d’euros) pour «négligence» dans leurs obligations de déclaration.
L’information, révélée hier par Sky News, a été confirmée par Barclays dans le prospectus de sa prochaine émission d’actions de 5,8 milliards de livres programmée entre le 18 septembre et le 2 octobre.
La FCA reproche aux deux entités d’avoir caché le paiement d’une prestation de conseil de 322 millions de livres aux Qataris, qui avaient participé aux deux augmentations de capital de juin et novembre 2008. Une opération qui avait évité à Barclays de recourir à l’aide d’Etat et donc à une nationalisation.
«L’accord de conseil de juin 2008 avait été rendu public, mais pas celui d’octobre 2008, ni les frais relatifs aux deux accords. […] Alors que les notes d’avertissement considèrent que Barclays et Barclays Bank pensaient à l’époque qu’une valeur, même indéterminée, pouvait être associée aux contrats, elles affirment que l’objectif de ces derniers n’étaient pas d’obtenir un conseil mais de faire des versements supplémentaires, n’ayant pas vocation à être dévoilés, pour la participation des Qataris à l’augmentation de capital», indique l’établissement, qui réfute les accusations de la FCA.
Dans le prospectus publié hier, Barclays rappelle que le Serious Fraud Office enquête également sur ces accords. L’affaire est donc loin d’être terminée. D’autant que l’établissement révèle d’autres foyers de pertes potentielles pour litiges, notamment 500 millions de dollars canadiens (363 millions d’euros) dans une affaire de vente de CDS (credit default swap).
Dans l’optique de sa prochaine émission, l’établissement a également fait le point sur sa situation financière. En juillet et août, son produit net bancaire (PNB) ajusté a reculé de 500 millions de livres, par rapport à la même période en 2012, en grande partie en raison des activités sur les marchés de taux, changes et matières premières. Le PNB aux huit premiers mois du groupe se replie de 5%. En revanche, les pertes pour créances douteuses sont restées stables pendant les deux mois d’été.
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