Bankinter lance une augmentation de capital d’un genre particulier

La cinquième banque espagnole monte une opération non dilutive de 94 millions d’euros en libérant des réserves cachées
Isabelle Birambaux, à Madrid

Bankinter, la cinquième banque espagnole, a lancé hier une augmentation de capital de 94 millions d’euros qui ne diluera pas la valeur boursière de l’entité mais libérera des réserves cachées. Suite à l’annonce de cette opération, la valeur du titre Bankinter a été réajustée à 2,38 euros, en baisse de 3,51% après avoir pris jusqu'à 9% en séance. Selon des proches de la banque, «en réalité, cette opération équivaut à un split».

Décidée le 21 mars dernier par le conseil d’administration, l’augmentation de capital a entraîné la mise en circulation de 313,22 millions d’actions nouvelles qui s’ajoutent aux 563,8 millions déjà en circulation. Les actionnaires de Bankinter recevront ainsi gratuitement le 18 avril prochain de nouvelles actions d’une valeur nominale de 0,30 euro. «Pendant 15 jours, les actionnaires pourront vendre et acheter leurs droits. L’actionnaire qui possédait 9 actions en aura alors 14», explique-t-on chez Bankinter.

A l’opposé d’une opération classique, la participation des actionnaires ne sera pas diluée. Selon Bankinter, la principale raison n’est cependant pas la rétribution des actionnaires, sinon la libération de réserves cachées par l’établissement depuis 2004. «Il s’agit d’un stock de plus-values latentes que Bankinter accumule dans son bilan depuis 2004, lorsque la valeur de ses biens immobiliers fut actualisée suite aux directives de la Banque d’Espagne. D’autres banques les ont vendues. Nous avons préféré convertir cette plus-value en capital et conserver la propriété de ces biens», souligne la source.

Car même si la cinquième banque espagnole avait affiché un excès de capital lors des tests menés par Oliver Wyman en septembre dernier, Bankinter souhaite «élever son ratio de capital de 40 points pour atteindre 10,6%, en vertu des normes de l’EBA», l’Autorité bancaire européenne, peut-on lire dans un communiqué. Affichant actuellement un ratio core tier one de 10,2%, la banque désire que les marchés la considèrent «comme une entité avec une solvabilité supérieure à la moyenne».

Manuel Romera, professeur d’économie à l’IE Business School, pense que l’établissement «envisage d’être plus actif sur les marchés, et donner plus de crédits. Pour anticiper cette situation, il va donc avoir besoin de plus de capital».

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