Bankinter est prête à contester la taxe exceptionnelle sur les banques en justice
La banque espagnole compte s’acquitter de son dû avant de déposer un recours. Ses concurrentes étudient également cette option.
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Aurélie Abadie
La Banque d’Espagne vient d’imposer un nouveau tour de vis comptable. Angel Navarrete/Bloomberg
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La fronde des banques espagnoles contre la taxe exceptionnelle que le gouvernement veut leur imposer continue. Alors que le texte a reçu la semaine dernière le feu vert des députés et doit encore être examiné par le Sénat, la directrice générale de Bankinter s’est montrée très claire ce lundi 28 novembre. La banque espagnole paiera son dû car « nous n’avons pas d’autre choix que de nous y conformer ». Mais elle contestera la taxe en justice dès « le jour suivant », a déclaré María Dolores Dancausa, lors des Rencontres Financières organisées par KPMG et le journal Expansion. « Nous allons le faire car il nous semble qu’il s’agit d’une taxe injuste, discriminatoire et confiscatoire qui ne répond à aucune justification technique », a-t-elle ajouté.
Les banques concurrentes étudient également la possibilité d’un recours mais se montrent, pour l’heure, plus réservées. Caixabank plaide pour une approche « progressive », attendant le vote définitif du texte pour se prononcer. La banque espagnole rappelle que ses « obligations fiduciaires » envers ses actionnaires pourraient la conduire à contester ce texte s’il n’était « pas conforme à la loi ».
Des effets néfastes sur le crédit
Tous ont donné de la voix pour souligner les effets néfastes de cette taxe sur l’octroi de crédit. « Nous n’avons pas encore décidé si nous allions contester la taxe, mais il est vrai que cela n’est pas bon pour l’économie espagnole », a déclaré le directeur général de BBVA, Onur Genç. Un avis partagé par son homologue de Santander : « c’est une mauvaise mesure », a-t-il martelé, rappelant que la rentabilité de la banque – entre 10 et 11% - se situe déjà en dessous du coût du capital.
Quant à Sabadell, son directeur général a mis en lumière les contradictions de la supervision européenne. La BCE a déjà alerté dans un avis non contraignant sur le risque que cette taxe ne soit au final répercutée sur les clients en renchérissant ou en restreignant l’accès au crédit. Une position qui a conduit l’Espagne à amender le texte actuellement en discussion. Mais, de l’autre côté, l’Autorité bancaire européenne (EBA) recommande que les effets de l’imposition soient pris en compte dans la politique commerciale des banques, a-t-il rappelé. La banque espagnole semble déjà muscler son argumentaire juridique pour attaquer le bien fondé de la taxe.
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