Bankia va recevoir une nouvelle injection de fonds publics

Mise sous perfusion depuis 2010 , la banque a subi des pertes de 4,5 milliards d’euros au premier trimestre 2012
Isabelle Birambaux, à Madrid

Où s’arrêtera le gouffre? Bankia, la banque née de la fusion de sept caisses d’épargne espagnoles croulant sous les actifs toxiques de l’immobilier, a publié vendredi des pertes semestrielles de 4,448 milliards d’euros, poussant le Fonds de Restructuration Bancaire (Frob) à annoncer une injection d’urgence. Un communiqué de la Banque d’Espagne explique que cette «injection de capital dans le groupe BFA/Bankia de caractère immédiat» est une «avance» sur l’apport prévu par l’aide européenne. Une première tranche de 30 milliards d’euros du sauvetage européen aux banques espagnoles devrait être versée fin octobre 2012, dont une part aurait dû servir à renflouer le groupe.

Mais juste avant la conférence de presse de vendredi, le ministre de l’économie Luis de Guindos déclarait que le Frob étudiait «une injection transitoire de capital pour l’établissement». Le lendemain, la Banque d’Espagne confirmait la nouvelle perfusion sans en préciser le montant. Selon des sources du secteur financier interrogées par le quotidien El País, celui-ci pourrait être supérieur aux 4,5 milliards d’euros de pertes annoncées.

En 2010, le Frob avait déjà injecté 4,465 milliards d’euros dans l’établissement. La nouvelle aide d’urgence du Frob à Bankia viderait complètement ses caisses, actuellement dotées de 4,139 milliards d’euros. Une émission de dettes du Frob serait donc à envisager, précise El País.

La presse économique ne s’était donc pas trompée en anticipant des pertes bien plus lourdes que prévues. Le nouveau président du groupe, José Ignacio Goirigolzarri a expliqué vendredi que ces pertes sont apparues lors des provisions de 7,5 milliards d’euros que la banque a dû réaliser et a annoncé que la banque provisionnerait le reste de ces actifs toxiques au second semestre 2012.

Quel sera l’ampleur de l’abîme? Selon Idealista, le portail de l’immobilier de référence en Espagne, le volume d’actifs immobiliers toxiques de l’établissement s’élevaient fin mai dernier à 41,785 milliards d’euros, les crédits concédés aux promoteurs à 32,859 milliards d’euros, les créances douteuses à 10,564 milliards d’euros et les risques d’impayés à 9,981 milliards d’euros. Le résultat de l’étude des portefeuilles de crédits des banques espagnoles, dont celui de Bankia, qui sera dévoilé en septembre, pourrait réserver des surprises.

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