Bankia et Bancaja se divisent sur la valeur de Banco de Valencia
Pour comprendre la portée du litige entre Bankia et Bancaja, il faut revenir au moment de la fusion de sept caisses d’épargne, qui a donné naissance fin 2010au groupe Banco Financiero y de Ahorros (BFA), maison mère de Bankia. Ces caisses, dont les deux plus importantes d’Espagne, Bancaja et Caja Madrid, ont transféré leurs actifs à cette nouvelle entité bancaire. Caja Madriden possède 52% et Bancaja 37%.
Selon BFA, des erreurs d’évaluation de Banco de Valencia, filiale à 30% de Bancaja à l'époque, auraient été commises par la société d’audit lors du processus de fusion des sept caisses d’épargne. Cette découverte pourrait remettre en question le montant de la participation détenue par Bancaja dans le groupement. «Si l’évaluation s’avère erronnée, Bancaja devra compenser d’une manière ou d’une autre BFA envers laquelle elle aurait désormais une dette», estime un juriste madrilène. Sa participation au capital pourrait par exemple être abaissée.
On comprend donc pourquoi Bancaja s’oppose à la décision du conseil d’administration de BFA et insiste pour que le contrat de fusion de Bancaja et CajaMadrid n’envisage pas une telle vérification. Selon le quotidien El País, la nationalisation de Banco de Valencia par la Banque d’Espagne a révélé au grand jour l’état des comptes de cette entité, qui ne sembleraient pas compatibles avec ceux présentés par la société d’audit au moment de la fusion. Banco de Valencia a, en plus, récemment communiqué à l’autorité des marchés espagnols CNMV des pertes nettes de 887 millions d’euros. Comme le souligne Manuel Romera, directeur du secteur financier à l’IE Business School, «Banco de Valencia était ‘entre guillemets’ la banque immobilière de Bancaja». Ce dernier évoque aussi les possible luttes intestines entre de fortes personnalités placées à la tête de ces caisses.
Sa forte exposition au marché de l’immobilier estimée à 70% aurait-elle influencé la décision de Rodrigo Rato, président de Bankia, de finalement abandonner Banco de Valencia, nationalisée en novembre 2011? Le fonds pour la restructuration bancaire espagnol (Frob) y aurait injecté plus de 2 milliards d’euros, souligne le juriste. «Comment Bankia peut-elle prétendre maintenant porter secours à Unnim alors qu’elle fut incapable de remettre à flot une banque dont elle possédait 30% ?», s’étonne-t-il.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché français de la logistique attend toujours son point bas
L’acquisition récente d’un entrepôt de 90 millions d’euros par Clarion Partners n'est qu'une maigre exception pour le secteur de la logistique, qui voit ses principaux indicateurs virer au rouge. Investissements en forte baisse, taux de vacance en hausse : le marché doit composer avec un déséquilibre entre l’offre et la demande, alors même que les utilisateurs affichent un appétit renouvelé pour les actifs récents. -
A Wall Street, les utilities payent cher la hausse des taux
Les actions sensibles aux tensions sur les taux longs, les bond proxies, ont été victimes de la vaste rotation sectorielle sur les marchés actions depuis fin juin aux Etats-Unis comme en Europe, où le secteur immobilier mais aussi les télécoms sont les plus touchés. -
Mickaël Bonomo prend la présidence de La Française Finance Services
Le nouveau président vient de Crédit Mutuel AM, où il était second dirigeant effectif. Il remplace Philippe Lecomte.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
Outsider« Faire de la France une nation de propriétaires » : le plan de Bruno Retailleau face à la crise du logement
Le candidat LR à la présidentielle a détaillé mardi son plan pour résoudre la crise du logement. Il promet de relancer la construction et favoriser les propriétaires -
Péril jeune« La violence peut être légitime » : Bally Bagayoko, un shérif insoumis aux avant-postes de la révolte lycéenne
Depuis le début des blocages, le maire de Saint-Denis joue un double jeu, usant de son influence auprès des jeunes pour les dissuader de « se mettre en danger », tout en les confortant dans l’idée qu’ils sont abandonnés par la République parce que « racisés » -
Marc-Antoine Barrois, 10 ans et toujours aussi radical
Dix ans après B683, le créateur n’a rien changé à sa méthode : peu de parfums, aucune concession aux tendances et une obsession intacte pour la création. Une radicalité devenue, paradoxalement, sa meilleure stratégie.