Bank of New York Mellon se fait plus prudente dans les services titres en Europe
L’exercice 2010 aura été celui de grandes manœuvres pour les services titres sur le Vieux Continent, notamment en raison des appétits européens des géants américains State Street et Bank of New York Mellon (BNY Mellon). Après avoir acquis l’allemand BHF Asset Servicing en début d’année, le directeur général de BNY Mellon Asset Servicing Tim Keaney avait identifié une acquisition en France comme d’une de ses priorités (L’Agefi Hebdo du 8 avril).
Huit mois plus tard, force est de constater que le marché français reste difficile d’accès. En effet, il est dominé à 90% par trois filiales de banques hexagonales (BP2S pour BNP Paribas, SGSS pour la Société Générale et Caceis, contrôlé à 85% par Crédit Agricole SA) qui nourrissent également des ambitions.
En outre, certaines particularités du marché ne facilitent pas l’implantation d’acteurs extérieurs. «En France, l’épargne salariale est un marché très spécifique, contrôlé par les acteurs nationaux, dans un cadre créé par des banques françaises. De ce fait, une grande partie des outils que nous offrons actuellement, orientés vers les fonds de pension, ne permettent pas de le pénétrer. Nous serions ouverts à nouer des partenariats avec un grand acteur local», explique à L’Agefi Paul Bodart, responsable de BNY Mellon Asset Servicing pour l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient.
BNY Mellon ne conserve pas moins l’ambition de croître en Europe dans les services aux investisseurs. «De nombreux acteurs nationaux des métiers titres ne sont plus en mesure de réaliser suffisamment d’économies d’échelle pour survivre. Beaucoup de banques ayant traversé des difficultés depuis la crise ont besoin de renforcer leur capital et cherchent à céder ces activités», estime Paul Bodart.
Cela dit, avec les acquisitions réalisées cette année dans le secteur, la liste des cibles de qualité se réduit. L’Espagne, où les métiers de collecte sont encore en gestation, semble un terrain de jeu favorable – mais il est déjà «très concentré».
En revanche, BNY Mellon est, par sa taille, en mesure de susciter des partenariats locaux, comme de se développer à partir de ses implantations. Comme c’est déjà le cas au Danemark et en Italie, le groupe va ainsi transformer en 2011 plusieurs bureaux de représentation en agence bancaire – une obligation dans certains pays pour proposer des services aux investisseurs.
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