Bank of Beijing prépare une IPO record à Hong Kong
Bank of Beijing prépare la plus grosse introduction en Bourse du secteur financier à Hong Kong, depuis celle de l’assureur AIA en 2010. La banque pékinoise, dont le néerlandais ING est le premier actionnaire avec 13,7% du capital, pourrait collecter jusqu’à 25,8 milliards de yuans (2,98 milliards d’euros) sur la base de son cours de clôture lundi.
L’établissement souhaite vendre jusqu’à 3,4 milliards d’actions, avec une option de surallocation portant sur 15% de titres supplémentaires, selon un document déposé à la Bourse de Shanghai où il est déjà coté. Son projet doit encore recevoir l’aval des régulateurs et des actionnaires du groupe, réunis le 20 mai prochain.
L’opération doit permettre à Bank of Beijing de renforcer ses fonds propres, le régulateur chinois ayant lancé l’an dernier la mise en conformité du système bancaire national avec les normes de Bâle 3. Une autre banque régionale, Pudong Bank, a annoncé hier vouloir émettre des actions de préférence pour combler un déficit de fonds propres attendu à 40 milliards de yuans fin 2016. Via son introduction en Bourse, Bank of Beijing espère augmenter son ratio de fonds propres de 3 points et satisfaire ses obligations prudentielles pendant cinq ans, a déclaré récemment son président dans le China Securities Journal.
Fin 2013, le groupe affichait un ratio de fonds propres durs de 8,81% et un ratio de fonds propres totaux de 10,94 %, soit davantage que les 7,5 % et 10,5% attendus d’ici à fin 2018 pour les banques non systémiques. Le groupe souhaite se donner des marges de manœuvre, alors que le ralentissement de production de crédits va de pair avec une hausse des créances douteuses du secteur bancaire chinois.
Le choix de Hong Kong pourrait s’expliquer par les mauvaises performances boursières des valeurs continentales, qui rendent difficiles les levées de fonds à Shanghai et Shenzen. Pékin encouragerait aussi les entreprises à solliciter les investisseurs étrangers pour ne pas diluer davantage les indices domestiques. Bank of Chongqing et Huishang Bank se sont ainsi introduites à la Bourse hongkongaise l’an dernier.
Le cours des douze banques chinoises cotées dans l’ancienne cité-Etat accuse toutefois un recul de 10% en moyenne depuis le début de l’année, sur fond de résultats décevants et de hausse des prêts impayés. Elles sont valorisées en moyenne 0,8 fois leur valeur nette comptable, pratiquement à leur plus bas historique, selon Bloomberg.
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