Bank of America rebondit dans le trading mais s’embourbe dans l’immobilier
A l’image de Morgan Stanley, l’application de la norme comptable DVA (ajustement de la valorisation de la dette) s’est soldée par une charge comptable d’envergure pour Bank of America. Représentant 4,8 milliards de dollars, elle laisse la banque américaine avec un bénéfice net de 653 millions de dollars (3 cents par action), contre 2,05 milliards (17 cents par titre) un an plus tôt. Cette norme contraint les établissement à comptabiliser des gains lorsque leurs spreads de crédit s'écartent et des pertes lorsqu’ils se resserrent.
Le directeur financier du groupe, Bruce Thompson, s’en est expliqué dans un communiqué. «Le resserrement de nos spreads de crédit reflète les progrès significatifs que nous avons réalisés pour renforcer le bilan. Même si l’amélioration de nos spreads de crédit se traduit par un ajustement négatif de nos résultats ce trimestre, cela ne doit pas masquer l'élan positif que nous voyons dans nos activités», a-t-il déclaré.
De fait, Bank of America, qui a réorganisé ses pôles d’activités en début d’année, a montré des signes d’amélioration, avec un bénéfice par action, hors exceptionnels, nettement au-dessus du consensus. Au sein de sa division «markets», le chiffre d’affaires tiré des ventes et du trading, hors DVA, a atteint 5,2 milliards de dollars au premier trimestre, contre 2 milliards le trimestre précédent.
En revanche, son activité de crédit hypothécaire logée au sein du pôle Consumer Real Estate Services reste dans le rouge. A 1,1 milliard de dollars, la perte s’inscrit néanmoins en recul par rapport à celle de 2,4 milliards de dollars du premier trimestre 2011. Les provisions pour créances douteuses ont également baissé, à 2,42 milliards de dollars au total, le niveau le plus faible depuis le troisième trimestre 2007.
Autre motif de satisfaction pour les analystes, la banque continue à redresser son profil de crédit. Son ratio de fonds propres (common equity tier one, CET1) s'établissait à la fin du premier trimestre à 10,78%, soit une impressionnante remontée de 92 points de base par rapport au niveau de fin décembre 2011. De quoi donner du crédit à l’idée d’une forte redistribution aux actionnaires, alors que l'établissement a versé un dividende de 0,01 dollar par action au premier trimestre. L’action a bondi de 61% depuis le 1er janvier.
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