Bank of America ne parvient pas à convaincre le marché
Les banques françaises ne sont pas les seules à subir la méfiance des investisseurs. Bank of America (BoA) subit également une purge qui a vu son cours plonger de plus de 36% en trois mois et de près de 50% depuis le début de l’année –malgré les rebonds de jeudi et lundi derniers. Les comptes de l’établissement sont toujours affectés par la crise immobilière américaine; en conséquence, le marché doute de la solvabilité à long terme de la banque au regard des futures exigences réglementaires de Bâle 3.
La crise des subprime a provoqué la multiplication des contentieux; ces derniers ont ainsi conduit BoA à verser en juin 8,5 milliards de dollars en cash à des investisseurs de titres adossés à des prêts hypothécaires (mortgage-backed securities, MBS) commercialisés par sa filiale Countrywide en échange de l’abandon des poursuites. La banque a par ailleurs dû provisionner 20 milliards de dollars dans ses comptes du deuxième trimestre pour couvrir d’autres risques liés aux crédits immobiliers. Une prudence bienvenue: début août, l’assureur AIG a entamé une procédure pour récupérer 10 milliards de dollars perdus dans des MBS.
Cerise sur le gâteau, BoA a dévoilé la semaine dernière une exposition brute de 16,7 milliards de dollars (11,8 milliards d’euros) aux pays périphériques de la zone euro dans ses comptes au 30 juin.
Cette situation fait douter de la solidité de la banque face aux futures exigences de Bâle 3. A 8,23% au 30 juin, son ratio tier 1 est inférieur à ceux des banques universelles rivales JPMorgan et Citigroup.
En conséquence, le marché fuit le titre. John Paulson avait ainsi réduit l’exposition à BoA de l’un de ses fonds de moitié au deuxième trimestre. Le gérant milliardaire avait justifié cette décision par sa surprise devant l’étendue des difficultés de la banque dans les crédits hypothécaires. Des décisions similaires ont été adoptées par d’autres hedge funds, comme TPG-Axon Management et Appaloosa Management, note l’agence Bloomberg.
Pour redonner leur confiance, les investisseurs réclament des mesures radicales: cessions d’actifs et/ou augmentation de capital. Cette dernière possibilité est exclue par la direction de BoA, mais les cessions se multiplient. Si l’établissement éprouve des difficultés à céder ses parts dans China Construction Bank, il a cédé ses activités de cartes de crédit au Canada (à TD Bank), en Espagne (à Apollo Capital) et compte faire de même au Royaume-Uni et en Irlande.
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