Bank of America clôt son aventure au capital de China Construction Bank
Bank of America (BoA) solde une aventure de huit ans au capital de China Construction Bank (CCB). Alors qu’en 2005 la banque américaine se targuait en faisant l’acquisition d’une participation initiale dans le géant bancaire chinois de s’ouvrir les portes d’un marché prometteur de 1,3 milliard d’individus, elle a lancé hier selon des sources concordantes le placement du solde de ses titres. A raison de 5,63 à 5,81 dollars de Hong Kong par action (représentant une décote allant jusqu’à 5,1% sur le cours de clôture hier), Bank of America pourrait engranger avec cette opération jusqu’à 1,14 milliard d’euros.
La banque a certes engagé depuis plusieurs années sa sortie du capital de CCB, dont elle a détenu près de 20%, avec notamment une vente de près de 15 milliards de dollars en 2011 à un consortium incluant le fonds souverain de Singapour Temasek. Le placement lancé hier intervient alors que la période de détention obligatoire (lock-up) s’est achevée fin août.
Si BoA sort aujourd’hui sans gloire de CCB, l’aventure s’est révélée très rentable, la banque américaine affichant un gain net proche de 15 milliards de dollars après avoir consenti un investissement voisin de 12 milliards. Mais Bank of America se voit contrainte comme nombre de ses concurrentes américaines ou européennes à davantage de prudence en termes d’investissements minoritaires face au fardeau toujours plus pesant des réglementations internationales encadrant les niveaux de fonds propres.
La ruée en Chine des banques occidentales avant la crise a laissé la place à une série de désengagements. Les banques «réduisent leurs participations pour renforcer leur capital où et quand elles en ont l’opportunité», indique un gérant de Hong Kong cité par Bloomberg. En mai dernier notamment, Goldman Sachs a achevé après sept années de présence sa sortie du capital d’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), tandis que Citigroup a mis un terme en mars 2012 après neuf ans à sa présence au capital de Shanghai Pudong Development Bank.
Les groupes occidentaux n’ont pourtant pas déserté le secteur bancaire chinois, à l’image de HSBC qui détient 19,9% de Bank of Communications ou de BBVA avec 15% de China Citic Bank. Ou encore de BNP Paribas, qui, après avoir vu sa part au capital de Bank of Nanjing fondre de 19,2 à 12,6% à l’occasion de l’entrée en Bourse de cette dernière en 2007, a acquis des titres sur l’année écoulée pour en détenir 14,9%.
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