Banesto anticipe une poursuite de la guerre des dépôts en Espagne
Banesto a ouvert hier le bal des résultats annuels des banques espagnoles en annonçant un repli de 18% de son bénéfice net, qui atteint 460 millions d’euros en 2010 et seulement 9,5 millions d’euros au dernier trimestre 2010. La filiale de Banco Santander a reconnu que les banques espagnoles ont traversé une année 2010 «dans un environnement hostile, avec de fortes pressions sur les marchés et la persistance de la fragilité économique.»
Opérant pratiquement exclusivement en Espagne, Banesto souffre de la détérioration du marché immobilier. La banque a destiné un milliard d’euros additionnels à ses provisions en 2010, dont 400 millions d’euros attribués aux provisions pour impayés et 616 millions aux dotations génériques. Son taux de créances douteuses est passé à 4%, contre 3% il y a un an.
Les difficultés rencontrées en 2010 par les banques pour se financer sur les marchés les ont conduites en Espagne à se battre pour capter les dépôts. Chez Banesto, les marges s’en ressentent. Son produit net des intérêts a ainsi reculé de 4% par rapport à 2009 pour se situer à 1,66 milliards d’euros, et de 11% sur le dernier trimestre pour atteindre 375 millions d’euros. Lors de la présentation des résultats, son président, Antonio Basagoiti, a prédit que, compte tenu de la situation sur les marchés, la guerre des dépôts se poursuivrait en 2011.
Le conseiller délégué de la banque, José García Cantera, a pour sa part assuré que l’exposition de Banesto aux dettes souveraines de la Grèce, de l’Irlande ou du Portugal est «nulle». Les analystes s’inquiètent des besoins de financement des banques espagnoles qui s'élèvent à 90 milliards d’euros en 2011. Banesto a capté 1,5 milliard d’euros de liquidités auprès de la Banque centrale européenne en 2010, a-t-on appris hier. Début janvier, BBVA a payé le prix fort en inaugurant le marché des obligations sécurisées espagnoles.
«La gestion des marges et du bilan a compensé en grande partie l’impact du ralentissement de l'évolution des activités et l’augmentation des coûts de financement», précise Banesto. Son coefficient d’exploitation se resserre ainsi jusqu'à 39,7% et le ratio de fonds propres durs s’est renforcé jusqu'à 8,31% en 2010. Santander n’a pas l’intention de se débarrasser de sa filiale après le départ d’Ana Patricia Botin en novembre dernier, a d’autre part assuré la direction hier.
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