Banco Popular veut se relancer en mettant la main sur Banco Pastor

L’offre valorise l'établissement galicien à plus de 1,3 milliard d’euros. Popular a perdu du terrain lors de la restructuration du secteur en Espagne
Antoine Landrot

La suspension des cours de Banco Popular et de Banco Pastor à la Bourse de Madrid relance la course à la consolidation du secteur bancaire espagnol. Après quelques heures d’atermoiements sur le marché, l’établissement madrilène annonçait une offre d’achat sur sa rivale galicienne.

Il s’agit d’une opération par échange de titres. Si une offre formelle n’a pas encore été remise, Banco Popular est prêt à proposer 1,115 action nouvelle pour chaque action Pastor, soit une prime de 31% par rapport au cours avant suspension. La transaction valorise ainsi la cible à 1,1 milliard d’euros environ, mais à 1,36 milliard si l’on tient compte des obligations à conversion obligatoire en actions (mandatory convertible notes). Son succès dépendra de son acceptation par au moins 50,1% des actionnaires de la banque de Vigo, a précisé le prétendant.

L’initiative de Banco Popular n’est pas surprenante dans un secteur espagnol en totale recomposition depuis la crise financière, qui a mis en évidence les milliards d’euros de créances hypothécaires douteuses dans les bilans des établissements ibériques. La banque madrilène occupait jusqu’en juin dernier le troisième rang des établissements cotés espagnols – derrière les multinationales BBVA et Santander.

Mais elle a vu ses positions rognées par l’entrée en Bourse de rivales issues de la restructuration des caisses d’épargnes régionales: CaixaBank, cotée depuis le 1er juillet dernier, est la structure de la caisse catalane et Bankia (introduite le 20 juillet) regroupe sept établissements, dont Caja Madrid et Bancaja. Vendredi, CaixaBank capitalisait 2,6 fois plus que Banco Popular. Bankia capitalisait pour sa part 25% de plus et s’est hissé à la troisième place du secteur en valeur d’actifs (qui dépassent les 280 milliards d’euros).

Pour Pastor, les données du problème sont encore plus simples. Alors que sa prétendante passait de justesse les tests de résistance menés en juillet en Europe (en présentant un ratio de fonds propres durs core tier 1 de 5,3%, mais de 7,4% selon les critères nationaux), elle a été l’un des huit établissements européens à y échouer, en affichant un taux de 3,3%. Son exposition au risque immobilier (20%) est seulement inférieure à celle des caisses d'épargne. La banque galicienne n’avait donc guère le choix que de s’allier à un partenaire plus solide.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...