Banco Popular engage la deuxième étape de son plan de recapitalisation
Banco Popular passe à la deuxième étape de son plan de recapitalisation. Après avoir réussi à convaincre ses actionnaires le 4 décembre dernier de souscrire à une augmentation de capital de 2,5 milliards d’euros, la banque s’attaque à la vente d’actifs et de rachat d’obligations, en vertu d’un plan approuvé par la Banque d’Espagne.
But poursuivi: «devenir l’un des établissements financiers les mieux provisionnés et recapitalisés d’Espagne et d’Europe», selon un communiqué émis lors de la présentation des résultats au troisième trimestre 2012. Un objectif que Manuel Romera, directeur du secteur financier à l’IE Business School, considère réaliste, malgré ses actuelles difficultés: «Banco Popular a toujours été une banque très rentable, historiquement solvable et qui connait très bien la banque de détail».
Mais même si son augmentation de capital s’est soldée par un succès, il faut que le groupe continue à se renflouer. Dans son rapport sur les banques espagnoles, Oliver Wyman avait chiffré à 3,22 milliards d’euros ses besoins en capitaux. Banco Popular a donc annoncé cette semaine aux autorités des marchés, la CNMV, la vente de crédits irrécouvrables provenant en grande partie de crédits à la consommation faits à des immigrés. Ce portefeuille d’une valeur de 1,143 milliard d’euros, a été vendu aux deux fonds d’investissements internationaux Lindorff et AnaCap.
Avec cette vente, Banco Popular a fait d’une pierre deux coups: elle se débarrasse de crédits désormais provisionnés mais qui consommaient des fonds propres, et engrange un bénéfice net de 35 millions d’euros, selon le quotidien Cinco Días.
Banco Popular a également communiqué à la CNMV qu’elle allait racheter des obligations sous le pair. En rachetant pour 154,8 millions d’euros de titres, la banque a réussi à dégager 45 millions d’euros supplémentaires avec une offre de rachat lancée le 30 novembre dernier.
Mais le plan de recapitalisation n’est pas achevé et d’autres opérations devraient servir à lever le reste des fonds nécessaires. Selon son business plan 2012-2014, approuvé par la Banque d’Espagne, l’établissement souhaite assainir son bilan de «9,3 milliards d’euros en 2013 et 2,2 milliards d’euros en 2014» et «créer une “bad bank” interne destinée à gérer ses actifs problématiques».
Par ailleurs, la banque espère obtenir un bénéfice cumulé avant provisions de 7,187 milliards d’euros entre 2012 et 2014.
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