Banco Popular échappe au spectre de la nationalisation

La banque espagnole a réussi à lever sur le marché actions les 2,5 milliards d’euros nécessaires à sa recapitalisation
Isabelle Birambaux, à Madrid

Soulagement pour Banco Popular et pour ses banques conseil. Les marchés ont réagi positivement à la réussite de l’augmentation de capital de 2,5 milliards réalisée par la sixième banque espagnole en termes d’actifs. Le titre a progressé hier de 4,95% à 0,657 euro. En trois jours, le titre a pris 21%. La banque présidée par Angel Ron s’est félicitée dans un communiqué du succès de cette opération qui «renforce sa stratégie pour rester indépendante sans aide publique, la meilleure option pour générer de la valeur pour ses actionnaires».

Banco Popular, qui compte Allianz et le Crédit Mutuel CIC parmi ses actionnaires, a ainsi échappé à une nationalisation partielle car le bon accueil fait à la souscription de ces nouvelles actions lui évite une injection de fonds publics pour se recapitaliser. Touché par l’éclatement de la bulle immobilière, Banco Popular était l’unique établissement non nationalisé à ne pas avoir passé les tests de résistance menés par Oliver Wyman en septembre dernier. L’audit du cabinet américain sur l’ensemble du secteur bancaire espagnol avait en effet révélé que Banco Popular avait besoin de 3,2 milliards d’euros de capitaux pour faire face à un scénario adverse de grave crise économique. A la suite de la publication des conclusions de l’audit, Banco Popular avait annoncé début octobre qu’elle comptait capter les capitaux nécessaires auprès de ses actionnaires.

Banco Popular a bénéficié du soutien de ses principaux actionnaires qui lui ont apporté 520 millions d’euros au lieu des 420 millions qu’ils s’étaient engagés à souscrire au début. Les 1,26 milliard d’euros restants ont été réunis auprès de nombreux petits investisseurs, «fait marquant au vu de l’actuelle situation économique», souligne un communiqué de la banque.

Un troisième groupe d’investisseurs institutionnels, notamment des banques et des fonds, ont également souscrit pour une valeur de 720 millions d’euros.

Selon l’analyste de Nuria Alvarez de Renta 4, malgré la bonne évolution de l’action au lendemain de l’opération, la prudence reste de mise en raison des «pressions à la baisse qui pourraient avoir lieu au moment de la réelle cotation, prévue le 5 décembre prochain». RBC Capital a d’ailleurs passé hier le titre à sous-performance avec un objectif de cours à 0,35 euro.

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