Axa veut dupliquer son modèle de vente directe dans les marchés émergents
Axa redouble d’efforts pour donner de l’ampleur à son activité de vente directe. Début mai, le groupe français a ainsi racheté Ergo Daum Direct en Corée du Sud, la filiale dédiée de l’assureur allemand Ergo. Axa conforte ainsi sa place de numéro 1 de l’assurance directe en Corée, avec 22% de parts de marché.
L’assureur n’en est pas à son coup d’essai. Depuis le lancement de sa première activité «directe» en France en 1992 (Direct Assurance), le groupe a étendu son modèle à neuf pays d’Europe et d’Asie (Japon, Corée). L’an dernier, ce pôle a ainsi dégagé 2,1 milliards d’euros de revenus, dont 85% en assurance automobile.
«L’assurance directe représente aujourd’hui 8% des revenus du groupe en assurances dommages et près de 20% en assurances automobile, soit l’activité auto la plus importante du groupe», souligne Stéphane Guinet, directeur général d’Axa Global Direct, la structure créée en 2009 qui regroupe l’ensemble des entités de vente directe. Mais Axa voit plus grand. «Nous tablons sur une croissance organique d’environ 11% par an en moyenne d’ici à 2015 pour atteindre 3,2 milliards d’euros de revenus», avance-t-il.
Pour y parvenir, l’assureur souhaite diversifier son offre. «Nous faisons déjà un peu d’assurance habitation en France, en Belgique et au Portugal, précise Stéphane Guinet. En France, nous testons la vente de contrats santé, qui représentent quelques dizaines de milliers de polices.» En parallèle, la compagnie cherche à investir dans de nouveaux pays, soit par acquisition soit en créant ex nihilo une structure. «Aucune décision n’est encore prise mais nous regardons les principaux marchés d’Asie et d’Amérique latine», indique Stéphane Guinet, sans citer le moindre nom mais en faisant clairement référence à la Chine, l’Inde et le Mexique.
Toutefois, l’enjeu pour Axa Global Direct est d’accélérer sa capacité à générer des profits, après une perte opérationnelle de 33 millions d’euros en 2011.
De fait, d’ici à 2015, son ratio combiné doit passer de 102% à 97%. «Toutes nos activités sont rentables sauf la Pologne, qui le sera cette année, et l’Italie qui a été lancée en 2009, nuance Stéphane Guinet. Il faut en moyenne cinq ans pour qu’une nouvelle activité directe génère des profits.» Il table sur 200 millions d’euros de résultat opérationnel additionnel sur les cinq prochaines années.
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